
Rhumatismes inflammatoires : une prévention précoce pour repousser l’apparition de la maladie ?
La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire : contrairement à l'arthrose, qui résulte de l'usure du cartilage, il s'agit d'une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur les articulations, provoquant douleurs, gonflements et, sans traitement, des lésions irréversibles. Mais une récente étude internationale ouvre une piste inédite : intervenir avant même que la maladie ne soit déclarée.
Un traitement préventif qui repousse l'apparition de certains rhumatismes
L'essai clinique APIPPRA, mené par le King's College London, a suivi 213 adultes présentant des douleurs articulaires inflammatoires et des marqueurs sanguins spécifiques ; des signes présageant de leur très haut risque de développer une polyarthrite dans les 2 ans. La moitié a reçu pendant un an de l'abatacept, l'autre moitié un placebo.
Résultat : au bout d'un an, seulement 6 % des patients traités à l’abatacept avaient développé la maladie, contre 29 % dans le groupe placebo. Mieux encore, le suivi prolongé sur 4 à 8 ans montre que le bénéfice persiste après l'arrêt du traitement : les personnes ayant reçu l'abatacept ont mis jusqu'à 4 ans de plus que les autres à développer une polyarthrite rhumatoïde. De plus, pendant le traitement, douleur, fatigue, sommeil et capacité à travailler se sont nettement améliorés.
Des résultats prometteurs, mais encore encadrés
Les chercheurs parlent d'un effet « suspensif » du traitement expérimenté : il repousse l'apparition de la maladie, sans l'empêcher définitivement. De plus, cette indication de abatacept n’est pas encore autorisée en France, ce médicament n’étant utilisé que pour traiter les polyarthrites installées. Son extension à des fins préventives n’est donc pas encore entérinée et suppose des études complémentaires, d’autant plus que les biothérapies comportent des contraintes et un risque infectieux non négligeable.
Pour l'heure, la priorité reste de consulter au plus tôt un rhumatologue en cas de douleurs articulaires répétées (notamment le matin) ou d'antécédents familiaux. Un diagnostic précoce et une prise en charge rapide permettent déjà de limiter significativement les dégâts articulaires, avec les traitements actuellement autorisés.