Coloscopie : comment se préparer sereinement ? Témoignage et conseils
La coloscopie fait partie des examens médicaux que beaucoup redoutent avant de les avoir expérimentés. Préparation supposée contraignante, coloscope invasif, inquiétudes quant aux résultats… Les freins psychologiques sont en effet nombreux. Pourtant, cet examen rapide, simple et indolore, constitue l'un des outils les plus efficaces pour détecter, voire prévenir, le cancer colorectal. Pierre, 58 ans, vient justement de passer une coloscopie il y a quelques semaines, après un test de dépistage positif, et vous partage son expérience.
En résumé
La coloscopie est l'examen de référence d'exploration de l'intérieur du côlon : elle permet de détecter des polypes, de les retirer immédiatement et de dépister précocement le cancer colorectal.
L'intervention médicale dure en moyenne 20 à 30 minutes, et se déroule sous anesthésie en hospitalisation ambulatoire : vous rentrez donc chez vous le jour même.
La préparation à cet examen (régime sans résidus et absorption d’une préparation laxative) est indispensable à la qualité de l'examen.
Le coût d’une coloscopie est pris en charge par la Sécurité sociale et la mutuelle, mais vous devez disposez d’un niveau de garantie complémentaire suffisant si votre gastro-entérologue applique des dépassements d’honoraires.
À quoi sert une coloscopie, et quand est-elle prescrite ?
« Mon médecin m'a bien expliqué comment se passait la coloscopie, et en quoi elle était vraiment essentielle après un résultat positif de test de dépistage colorectal. Cet examen permet de voir ce qui se passe à l'intérieur du côlon. Le gastro-entérologue introduit un endoscope souple par l'anus et remonte jusqu'au début du gros intestin, pour visualiser en direct la paroi grâce à la caméra. Et s'il repère la présence d'un polype ou d'une lésion suspecte, il peut le retirer ou faire une biopsie immédiatement pour l'analyser. Donc ce n'est pas seulement un examen de diagnostic, c'est aussi un acte de prévention. En enlevant les polypes avant qu'ils ne dégénèrent, on évite potentiellement un cancer colorectal. Ça m'a aidé à relativiser, et à dépasser mon appréhension. »
La coloscopie est en effet un examen indiqué en cas de symptômes digestifs (répétés ou ressentis par les personnes de 50 ans et plus), de suivi de maladies inflammatoires intestinales et de suspicion de cancer colorectal. A cet effet, il est prescrit en cas de :
saignements inexpliqués ;
troubles du transit persistants ;
antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancer colorectal.
4.37
Mutuelle hospitalisation
Comment se préparer à une coloscopie ?
“Alors oui, une coloscopie demande quelques préparatifs, mais moins pénibles que j’imaginais.
Pendant les 2 jours qui ont précédé l'examen, j’ai suivi un régime “sans résidus”, c’est-à-dire sans fibres, notamment végétales : pas de légumes, de fruits, pas de jus de fruits, de céréales complètes, ni de graines. Et j’ai dû privilégier les aliments faciles à digérer : le riz blanc, les pâtes, les pommes de terre sans peau, le poisson, le jambon, le bouillon, le pain blanc... Donc ce n’est pas si restrictif au bout du compte.
Ensuite, la veille de ma coloscopie, je suis passé par la fameuse étape de la préparation colique : j’ai dû boire 3 litres de solution laxative, en plusieurs fois. Objectif : vider complètement mon intestin d’ici le lendemain. Soyons honnêtes : les solutions laxatives ont vraiment un goût désagréable, mais mon médecin m’a donné quelques astuces pour faire avec. J’ai mélangé le produit avec de l’eau fraîche, je l’ai bu en l’aspirant avec une grosse paille pour éviter de trop le sentir sur ma langue, et avant chaque prise, je buvais une petite cuillère d’huile d’olive : ça permet apparemment de neutraliser les papilles gustatives de la langue, et ça marche assez bien en effet.
Pendant cette soirée de préparation, je suis évidemment resté tranquille chez moi, et pas loin des toilettes ! J’y suis allé plusieurs fois étant donné que la préparation laxative provoque des selles liquides pour tout éliminer. Mais ça ne m’a pas provoqué de douleurs de ventre pour autant.”
Conseil APRIL
Ne négligez pas cette étape de préparation qui est déterminante pour la réussite de la coloscopie : si votre intestin n’est pas suffisamment bien vidé de toute matière fécale, l’examen peut durer plus longtemps, être moins précis… mais aussi être interrompu et reprogrammé à plus tard !
Le jour J : comment se déroule l'examen d'une coloscopie ?
“Je suis arrivé à la clinique en début de matinée, à jeun de la veille. L'équipe soignante m'a accueilli, vérifié avec moi ma préparation, et posé une perfusion. Et j'avais vu l'anesthésiste quelques jours avant pour une consultation pré-anesthésique : ce rendez-vous m’a bien rassuré aussi, parce que j'ai pu poser toutes mes questions.
Ensuite, l’équipe m’a amené au bloc opératoire, et… plus rien ! Je me suis réveillé, l'examen était terminé et je n’en ai aucun souvenir.. Il a duré seulement 30 minutes, je n'ai rien senti et rien entendu. Un peu après, le gastro-entérologue est venu me voir pour m'expliquer que tout s’était bien passé, et qu’il n’avait heureusement rien observé d'anormal ! Pas de lésions suspectes, pas de polypes… Le sang qui avait été détecté par mon test était sûrement dû à une hémorroïde qui était un peu inflammée au moment de mon dépistage. Ces résultats m’ont beaucoup soulagé. Et à l’avenir, je ne manquerai aucun de mes prochains tests de dépistage, pour garder l’esprit tranquille.”
La coloscopie peut avoir lieu sous anesthésie générale (sédation profonde) ou sous anesthésie légère (sédation consciente)* : cette technique vous plonge dans un sommeil léger, éliminant tout inconfort tout en préservant vos réflexes de protection.
“En début d’après-midi, ma femme est venue me récupérer, parce qu’on ne peut pas conduire à cause de l'anesthésie. J’ai remangé normalement le jour même, et j’ai pu reprendre le travail dès le lendemain. Quant aux effets secondaires, j’ai ressenti quelques crampes abdominales et ballonnements pendant 12 h, mais c'est vraiment tout.”
Quel est le coût d’une coloscopie et comment est-il remboursé ?
“Dès la programmation de ma coloscopie, mon médecin m’a transmis un devis qui indiquait tous les coûts à prévoir. Pour l’examen en lui-même, le tarif de la Sécu était de 153,60 €*, pris en charge par ma caisse d’Assurance maladie et ma mutuelle. Et comme mon gastro-entérologue est conventionné en secteur 2, il a appliqué environ 50 € de dépassements d’honoraires.
Mais ils ont été complètement remboursés par ma complémentaire santé APRIL puisque j’avais souscrit un niveau de garantie de 150 % pour les actes médicaux effectués : je n’ai eu aucun reste à charge. Pareil pour les frais d’anesthésie. Cerise sur le gâteau : j’ai pu avoir une chambre particulière, avant et après l’examen, couverte par mon renfort APRIL, ce qui est quand même très appréciable.”
Le + APRIL
Le coût d’une coloscopie dépend :
de ses caractéristiques (coloscopie complète ou partielle) ;
des éventuels frais associés à des actes techniques additionnels (ablation de polypes ou prélèvements, par exemple) ;
des dépassements d’honoraires appliqués par votre médecin ;
du forfait ambulatoire pratiqué par certains établissements en contrepartie de services (collation, wifi…) et des prestations de confort que vous souhaitez choisir (chambre individuelle).
Pour anticiper la prise en charge optimale de vos examens médicaux et de vos hospitalisations, soyez vigilant à choisir un niveau de garanties santé suffisamment adapté ! Notre simulateur en ligne gratuit vous permet justement d’évaluer vos besoins et vos tarifs, et nos conseillers sont à votre disposition pour faire un bilan de votre situation.
La coloscopie : à retenir
La coloscopie est l’examen de référence pour explorer le côlon : elle permet de détecter des anomalies, de réaliser des prélèvements et de retirer certains polypes au cours du même examen.
La qualité de la préparation conditionne la réussite de l’examen : le régime sans résidus et la prise de laxatifs sont indispensables pour obtenir des résultats fiables.
L’intervention est généralement indolore et rapide, grâce à une sédation ou une anesthésie adaptée, avec un retour à domicile le jour même.
Les suites sont le plus souvent simples, avec parfois quelques ballonnements ou crampes passagères qui disparaissent en quelques heures.
Un test de dépistage positif ne signifie pas forcément un cancer : la coloscopie permet d’en identifier précisément l’origine et de poser un diagnostic fiable.
En détectant et en retirant précocement certains polypes, la coloscopie joue un rôle majeur dans la prévention du cancer colorectal.
Préparer sa coloscopie : vos questions, nos réponses
Est-ce que ça fait mal une coloscopie ?
Est-ce que ça fait mal une coloscopie ?
Non. Réalisée sous anesthésie générale légère, elle est indolore. La grande majorité des patients se réveillent en salle de réveil sans souvenir de l'examen. Les seules gênes que peut provoquer l'examen sont des ballonnements passagers, qui disparaissent en quelques heures.
Quels sont les risques d’une coloscopie ?
Quels sont les risques d’une coloscopie ?
La coloscopie est un acte médical dit “invasif”, mais ses complications restent très rares (hémorragies ou perforations intestinales). Ces risques sont systématiquement expliqués lors de la consultation pré-anesthésique.
Existe-t-il une alternative à la coloscopie classique ?
Existe-t-il une alternative à la coloscopie classique ?
Oui : il s’agit de la coloscopie virtuelle par scanner, qui reconstruit une image en 3D du côlon sans introduction d'endoscope, et qui peut être prescrite quand une endoscopie basse classique n’est pas possible*. Cette technique est moins invasive, mais nécessite tout de même une préparation colique ainsi que l’insufflation d’air dans l’intestin au moment de l’examen. De plus, ses résultats sont généralement moins précis, et en cas de détection de polypes, leur ablation suppose de réaliser une coloscopie classique dans un second temps.
