Mis à jour le  - Créé le  

5 choses qu'on confond avec des pertes de mémoire et qui n'en sont pas


Oublier où l'on a posé ses clés, chercher un mot au milieu d'une phrase, ne plus se souvenir du prénom d'une connaissance croisée dans la rue... À partir d'un certain âge, ces petits ratés alimentent une inquiétude sourde. Voici ce qui se cache réellement derrière ces oublis.

  1. La surcharge cognitive

Le cerveau n'est pas un disque dur illimité. Quand on gère simultanément trop d'informations, une liste de courses, un rendez-vous médical, une facture à régler, une conversation en cours, il opère des arbitrages. Certaines informations jugées peu prioritaires ne sont tout simplement pas encodées. Ce n'est pas un problème de mémoire : c'est un problème d'attention. L'information n'a jamais vraiment été enregistrée. On ne peut pas oublier ce qu'on n'a pas retenu.

  1. Le manque de sommeil

C'est le facteur le plus sous-estimé. La consolidation de la mémoire se fait en grande partie pendant le sommeil profond. Or après 60 ans, le sommeil se fragmente, les phases profondes raccourcissent. Résultat : des informations apprises la veille sont mal consolidées, et semblent "disparaître". Une étude publiée dans Nature Neuroscience a montré que la qualité du sommeil lent était directement corrélée aux performances de mémoire épisodique chez les seniors. Avant de s'inquiéter, la question à se poser est simple : est-ce que je dors vraiment bien ?

  1. L'anxiété et le stress chronique

Le cortisol, l'hormone du stress, est neurotoxique à haute dose. Une anxiété installée dans la durée perturbe le fonctionnement de l'hippocampe, la zone du cerveau centrale dans la formation des souvenirs. Concrètement : une personne très anxieuse peut présenter des oublis fréquents, des difficultés de concentration, une impression de "brouillard mental", sans que cela ait le moindre lien avec une maladie neurodégénérative. Quand l'anxiété est traitée, les fonctions cognitives s'améliorent souvent significativement.

  1. La dépression

La dépression se manifeste rarement comme on l'imagine après 60 ans. Elle prend souvent un masque cognitif : ralentissement de la pensée, difficultés à se concentrer, mémoire en apparence défaillante. C'est ce que les psychiatres appellent le "pseudo démence dépressive". Des patients diagnostiqués à tort pour des troubles cognitifs voient leurs "symptômes" disparaître une fois la dépression prise en charge. C'est une réalité clinique bien documentée, et encore trop peu connue du grand public.

  1. Les effets secondaires de certains médicaments

Somnifères, anxiolytiques, antihistaminiques, certains antihypertenseurs, médicaments contre l'incontinence... La liste des molécules qui peuvent altérer la mémoire et la concentration est longue. Les benzodiazépines en particulier, très prescrites en France, sont connues pour provoquer des troubles mnésiques réversibles à l'arrêt du traitement. Si des oublis sont apparus peu après l'introduction d'un nouveau médicament, la piste pharmacologique mérite d'être évoquée avec son médecin avant toute autre conclusion.

picto_particulier_top.svg

La petite astuce APRIL

Un oubli isolé n'est pas un signal d'alarme. Ce qui doit alerter, c'est la répétition, l'aggravation progressive, et surtout la perte d'autonomie dans les actes du quotidien. Dans tous les autres cas, la première chose à examiner n'est pas le cerveau, c'est le contexte : comment on dort, comment on se sent, ce qu'on prend comme médicaments, et à quel rythme on vit.

Les petites bulles APRIL