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À 72 ans, elle a tout vendu pour vivre dans un van avec son chien


Quand Élisabeth a annoncé son projet à ses deux fils, le silence à table a duré une bonne minute. « Mon aîné, Vincent, a fini par dire : Maman, tu as 72 ans, tu ne peux pas faire ça toute seule » raconte Élisabeth. « Le plus jeune, Marc, m'a juste regardée en demandant : C'est ton choix ? Quand j'ai dit oui, il a répondu : Alors je te suis. »

L'idée du van avait germé deux ans plus tôt, après le décès brutal de son mari Robert. « On avait toujours parlé de partir, de prendre la route à la retraite. On regardait des documentaires, on faisait des plans. Et puis Robert est tombé malade. En quatre mois, il était parti. » Pendant 18 mois, Élisabeth a vécu dans leur grande maison de Bordeaux. « Et puis un matin, en faisant mon café, j'ai compris que cette maison portait l'absence de Robert plus fort que sa présence. Il fallait que je bouge. Pour de vrai. »

Elle a alors contacté une amie qui vivait elle-même en van depuis cinq ans. « Catherine est venue me voir, on a parlé pendant deux jours. Elle m'a tout dit, sans rien enjoliver : les jours de pluie, les pannes, la solitude parfois. Mais aussi cette liberté, cette légèreté, cette façon de se réveiller chaque matin sans savoir ce que la journée va offrir. » L'achat du van a pris six mois. « Je voulais quelque chose de fiable, mais pas trop grand. Manœuvrable, mais avec un vrai lit, une petite cuisine et une douche » détaille Élisabeth. « J'ai fini par trouver un fourgon aménagé de 6 mètres, avec 80 000 kilomètres au compteur. »

Trois ans plus tard, Élisabeth a parcouru toute la France, une partie de l'Espagne et du Portugal. « Je ne planifie jamais plus de trois jours à l'avance » sourit-elle. « Je consulte la météo, je regarde les zones autorisées au camping-car, et je décide le matin où je dormirai le soir. »

Ce qu'elle n'avait pas anticipé : la communauté. « Il existe tout un monde de gens qui vivent comme moi, jeunes et moins jeunes. On se retrouve sur des aires, on partage un café, parfois un repas. J'ai des numéros de téléphone partout en Europe. » Ses fils ont fini par comprendre. Vincent est venu passer une semaine avec elle l'été dernier. « Il m'a dit : Maman, je crois que tu es plus libre que je ne le serai jamais. Ça m'a touchée. » Élisabeth ne sait pas combien de temps elle continuera. « Tant que je peux conduire, tant qu'Hercule, mon chien, me suit, tant que cette vie me convient. Robert serait fier, je crois. »

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Son secret de retraitée

« Avant de tout plaquer, louez un van pendant deux semaines. Faites un vrai test grandeur nature, avec une vraie route, des vraies nuits dehors, un vrai imprévu. Si au bout de quinze jours vous voulez continuer, alors lancez-vous. Si vous voulez rentrer, c'est que ce n'était pas pour vous, et ce n'est pas grave. »

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La petite astuce APRIL

Si vous envisagez ce mode de vie, vérifiez bien votre couverture santé : certaines mutuelles proposent des garanties spécifiques pour les déplacements fréquents et l'assistance à l'étranger. Renseignez-vous aussi sur les zones autorisées au stationnement nocturne dans chaque pays que vous traversez.

Les petites bulles APRIL