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Cette retraitée a ouvert une chambre d'hôtes et y a trouvé sa nouvelle passion


À 66 ans, Hélène venait de prendre sa retraite après quarante ans de carrière comme infirmière. « J'étais infirmière depuis mes 22 ans. Je ne savais pas qui j'étais sans cette blouse. » Pendant six mois, Hélène a tourné en rond dans sa grande maison de Dordogne, héritée de ses parents quelques années plus tôt. « Une bâtisse de huit pièces, trois étages, un jardin avec un noyer centenaire... et moi, toute seule au milieu, qui regardais les vieilles photos. Mes deux fils habitent à Lyon et Bordeaux, ils viennent quand ils peuvent. Mais le reste du temps, c'était trop grand, trop silencieux. »

L'idée des chambres d'hôtes est venue d'une amie de passage. « Marie est venue dormir un week-end. Elle m'a dit : Hélène, ta maison mérite mieux que ça. Elle est faite pour être habitée, pas juste occupée. » Cette phrase a trotté dans sa tête pendant des semaines. « Je trouvais l'idée à la fois excitante et terrifiante. » Hélène a fini par contacter le syndicat des Gîtes de France. « Ils m'ont expliqué les démarches, les normes, les classements. J'ai compris qu'il ne suffisait pas d'ouvrir sa porte, qu'il fallait vraiment apprendre un métier. »

Les travaux ont duré huit mois. « J'ai refait trois chambres et deux salles de bain. J'ai changé les fenêtres, repeint partout, repensé l'entrée pour que les hôtes aient leur indépendance » détaille Hélène. « J'ai investi 45 000 euros, une partie de mon épargne. Le banquier m'a regardée de travers, je crois qu'il ne pensait pas qu'une femme de mon âge irait au bout. » Les premières chambres ont été inaugurées en avril 2022. « J'avais publié l'annonce sur trois sites de réservation la semaine précédente. Le premier mail est tombé un mardi soir. Un couple de Belges, deux nuits en mai. J'ai imprimé la confirmation, je l'ai mise sur mon frigo. Je l'ai regardée tous les matins jusqu'à leur arrivée. »

Le jour d'accueil de ses premiers hôtes, Hélène avait préparé un cake aux noix maison, des fleurs dans chaque chambre, et un petit mot manuscrit sur la table de nuit. « Le mari, Jean-Pierre, m'a serré la main et m'a dit : Madame, on se sent déjà chez vous. » Très vite, les commentaires se sont accumulés sur les sites de réservation. « L'accueil d'Hélène, son sourire, sa connaissance des coins secrets du Périgord, son petit-déjeuner qui ressemble à un brunch... » Hélène lit les avis le soir, après le départ des hôtes. « C'est devenu mon petit rituel. »

Ce qu'Hélène n'avait pas anticipé, c'est la profondeur des rencontres. « En quatre ans, j'ai accueilli des couples en lune de miel, des familles avec des bébés, des veufs qui voyageaient seuls pour la première fois, des Allemands, des Australiens, des Brésiliens... » raconte-t-elle. « Et avec certains, le lien va beaucoup plus loin que prévu. Une dame anglaise, Margaret, est venue trois fois. On s'envoie des cartes postales depuis. » Elle a aussi appris à dire non. « Au début je voulais que tout le monde reparte heureux. Je me pliais en quatre. Aujourd'hui, je sais qu'on ne plaît pas à tout le monde et que c'est normal. Quand un client est désagréable, je reste polie, je fais mon métier, mais je ne me laisse plus marcher dessus. »

Côté finances, l'aventure tient debout. « Je ne gagne pas une fortune. Disons que ça me permet de bien vivre, de payer l'entretien de la maison, et de mettre un peu de côté pour les petits-enfants. Mais le vrai gain, il n'est pas là. » Le vrai gain ? « C'est de me lever chaque matin avec un projet. C'est de cuisiner pour quelqu'un d'autre. C'est de raconter mon village, mes balades, mes adresses préférées à des gens qui m'écoutent vraiment. À 70 ans, j'ai recommencé à apprendre. L'œnologie pour bien conseiller mes hôtes, l'anglais pour mieux communiquer, un peu de cuisine périgourdine pour leur faire goûter le vrai pays. Je n'avais jamais imaginé que la retraite pouvait être ça. »

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Son secret de retraitée

« Si vous avez une grande maison qui ne sert plus à grand-chose, ne la vendez pas trop vite. Demandez-vous d'abord ce qu'elle pourrait devenir. Une maison qui accueille, c'est une maison qui vit. Et une maison qui vit, ça vous garde vivant aussi. »

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La petite astuce APRIL

Avant d'ouvrir une chambre d'hôtes, renseignez-vous sur le statut fiscal le plus adapté (micro-BIC, régime réel) et vérifiez votre assurance habitation : une activité d'accueil payante nécessite une extension professionnelle. Pensez aussi à une formation aux gestes de premiers secours, particulièrement utile quand on accueille du public.

Les petites bulles APRIL