Pour ses 70 ans, elle traverse la France à vélo électrique

Marie-Hélène n'avait jamais été sportive. « J'ai eu une bicyclette dans les années 80, surtout pour aller chercher le pain le dimanche matin. Et puis j'ai eu deux enfants, un boulot intense, des kilos en plus, des genoux fragiles... le vélo a disparu de ma vie. » À 67 ans, à la retraite depuis deux ans, elle est passée devant la vitrine d'un magasin de vélos électriques à Lyon, sa ville. « Je suis entrée sans intention, juste par curiosité. Une heure plus tard, je ressortais avec un essai prévu pour le samedi suivant. Le vendeur n'avait même pas eu à insister. »
L'essai a été une révélation totale. « J'ai pédalé sur huit kilomètres le long du Rhône, je n'avais pas fait ça depuis quarante ans. À la fin, je n'étais ni essoufflée, ni en sueur, et je riais toute seule comme une gamine. Le vélo électrique, c'est de la magie pure : vous faites l'effort, mais l'effort que vous pouvez faire, et toujours assistée juste ce qu'il faut. » Une semaine plus tard, Marie-Hélène achetait son propre vélo. Elle a commencé par des sorties courtes le long des berges : dix kilomètres, puis vingt, puis trente. « Au bout de six mois, je faisais cinquante kilomètres dans une journée sans difficulté majeure. À 68 ans. Je n'en revenais pas moi-même. »
L'idée de la traversée de la France lui est venue lors d'une discussion avec son fils. « Il préparait son anniversaire des cinquante ans et il me disait qu'il voulait faire quelque chose de mémorable. Je lui ai répondu : moi aussi, pour mes 70 ans, je veux faire quelque chose qui me marquera. » Il a éclaté de rire et a lancé : « Maman, fais une traversée de la France à vélo, ça t'irait bien. » Elle a éclaté de rire à son tour, et puis, dans son lit le soir, elle n'a plus arrêté d'y penser. « Le lendemain matin à 7h, j'avais ouvert une carte de France sur la table de la cuisine et tracé un itinéraire au crayon. »
Elle a passé un an entier à préparer son projet. « Itinéraire détaillé, étapes, hébergements réservés, équipement testé, entretien du vélo programmé, conditions météo possibles étudiées, contact avec un médecin pour le suivi, assurance vérifiée, contact d'un mécanicien réparateur joignable par téléphone... j'ai tout mis sur un tableau Excel monumental. Mon fils, qui est ingénieur, a tout relu. Tout était nickel. » Le départ a eu lieu le 5 juin 2024, sept jours avant ses 70 ans. « De Strasbourg à Hendaye. 1 200 kilomètres prévus, 22 jours sur la route, avec deux journées de repos planifiées dans des étapes choisies. »
Les premiers jours ont été plus difficiles que prévu. « Le troisième jour, j'ai pleuré en arrivant à l'auberge. Mes jambes étaient en feu, mes fesses encore plus, je n'avais plus envie de rien. J'ai appelé mon mari, je lui ai dit : je crois que je rentre demain. Il m'a juste répondu : dors d'abord. On en reparle demain matin. » Le lendemain, après une bonne nuit et un copieux petit-déjeuner, Marie-Hélène est repartie. « Et à partir de ce jour-là, je n'ai plus jamais eu envie d'arrêter. » Les rencontres ont jalonné le voyage. « Dans chaque village, je croisais des gens qui me demandaient ce que je faisais. Quand je leur expliquais que je traversais la France à vélo électrique pour fêter mes 70 ans, j'avais souvent droit à un café offert, parfois un repas, parfois même une chambre. »
Elle est arrivée à Hendaye le 26 juin 2024, avec un jour d'avance sur son planning. « Mon mari et mes deux enfants m'attendaient sur la plage avec un panneau Joyeux anniversaire Maman et 1 200 km. J'ai posé le vélo dans le sable et je me suis assise à côté. J'ai mis vingt bonnes minutes à comprendre que c'était vraiment fini. » Depuis, Marie-Hélène a fait deux autres grandes traversées : Lyon-Compostelle en 2025, et cette année elle prépare un périple en Italie. « Le vélo électrique m'a redonné un truc que je n'avais plus depuis longtemps : la sensation d'être physiquement capable. À 72 ans, je sais ce que mon corps peut faire et ce qu'il ne peut pas. C'est plus précieux qu'on ne l'imagine. »
Son secret de retraitée
« Le vélo électrique, ce n'est pas tricher. C'est s'autoriser à faire ce qu'on ne pourrait plus faire à mains nues. Et ce qu'on s'autorise, ça vous change une vie. »
La petite astuce APRIL
Avant un long périple à vélo, consultez votre médecin pour un bilan cardio-vasculaire et articulaire. Vérifiez également votre couverture assurance : certaines mutuelles incluent une assistance rapatriement en cas de pépin pendant un voyage en France, d'autres demandent une extension spécifique. Pensez aussi à une assurance dédiée pour votre vélo, surtout si vous le transportez en train ou si vous le laissez en stationnement hors domicile.
Les petites bulles APRIL

























