À 74 ans, elle a passé tout l'été chez elle et n'a jamais été aussi heureuse

Quand Colette a annoncé à ses enfants qu'elle ne partirait nulle part cet été, ils se sont inquiétés. Deux mois plus tard, cette retraitée de 74 ans affirme avoir vécu l'un de ses plus beaux étés. Elle raconte comment elle a réinventé les vacances... sans faire sa valise.
Chaque année, c'était le même scénario. Dès le mois de mai, les enfants de Colette lançaient les grandes manœuvres : « Maman, il faut que tu partes, ça te fera du bien. » Une semaine chez l'un en Bretagne, dix jours chez l'autre dans le Sud, parfois un séjour organisé avec le club de la ville. « Je partais pour leur faire plaisir, si je suis honnête. Et je rentrais fatiguée, avec mes tomates grillées et mon courrier en retard. »
L'hiver dernier, Colette prend sa décision. « J'ai dit : cette année, je reste ici. Vous auriez vu leurs têtes. Ma fille m'a demandé si j'allais bien. Comme si rester chez soi en été était forcément le signe que quelque chose ne tourne pas rond. »
Colette ne s'est pas contentée de rester chez elle : elle a décidé de vivre son quartier comme une destination. « Je me suis dit : si j'étais touriste ici, qu'est-ce que je ferais ? Et j'ai fait la liste. »
Le marché du samedi, où elle a pris le temps, pour la première fois, de discuter avec les producteurs. Le café de la place, où elle a instauré son rituel du jeudi matin, en terrasse, avec le journal. Le festival de musique du village voisin, auquel elle n'était jamais allée en trente ans. Les soirées dans son jardin, un livre à la main, jusqu'à ce que la lumière baisse. « J'ai redécouvert des choses qui étaient sous mon nez. Cette église que je longeais sans la regarder, je l'ai enfin visitée. Il y a des fresques du XVe siècle à dix minutes de chez moi et je l'ignorais. »
L'autre grand changement de cet été : au lieu d'aller voir les autres, ce sont les autres qui sont venus. Ses petits-enfants ont défilé par vagues, deux par-ci, trois par-là. « Chez leurs parents, c'est moi l'invitée. Chez moi, c'est autre chose. On a fait des confitures, ils ont dormi dans le jardin sous une tente, on a joué aux cartes tard le soir. Ils m'ont dit que c'étaient leurs meilleures vacances. Chez leur mamie, à quarante kilomètres de chez eux. »
Une amie du club, veuve elle aussi, est venue passer quatre jours. « On s'est retrouvées comme à vingt ans, à parler jusqu'à minuit sur la terrasse. Je n'aurais jamais vécu ça dans un séjour organisé, avec les horaires du car et le buffet à 19 heures. »
Colette le dit sans détour : elle repartira peut-être, un jour, si l'envie vient. « Mais l'envie, pas l'injonction. On nous répète que les vacances, c'est partir. Moi j'ai compris que les vacances, c'est décider de son temps. Et cet été, pour la première fois depuis longtemps, mon temps m'a appartenu du premier au dernier jour. »
Son secret de grand-mère
Pour garder la maison fraîche sans climatisation, volets fermés côté soleil dès le matin, grande aération le soir quand l'air retombe, et un drap humide suspendu devant la fenêtre entrouverte les nuits de canicule. Nos grands-mères traversaient les étés ainsi, et leurs maisons restaient des havres de fraîcheur.
La petite astuce APRIL
Rester chez soi en août a un avantage méconnu : c'est le meilleur moment de l'année pour décrocher les rendez-vous santé qu'on repousse depuis des mois. Dentiste, ophtalmo, bilan auditif... les cabinets se vident pendant que tout le monde est sur la route. Profitez-en pour prendre de l'avance sur la rentrée.
Les petites bulles APRIL

























