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À 68 ans, elle apprend la voile et traverse la Manche avec sa petite-fille


Quand Françoise a annoncé à ses enfants qu'elle s'inscrivait à des cours de voile à 68 ans, ils ont d'abord cru à une blague. L'idée avait germé un dimanche d'avril, sur une terrasse à Cancale. « Je regardais les voiliers entrer dans le port et j'ai pensé : ces gens-là savent quelque chose que je ne saurai jamais. »

Elle s'est inscrite à un stage d'initiation deux mois plus tard, dans une école de voile à la Trinité-sur-Mer. « Quand je suis arrivée le premier matin, j'étais la plus âgée de quinze bonnes années. Et la seule à n'avoir jamais mis le pied sur un voilier. » « Je ne comprenais aucun mot. Bâbord, tribord, écoute, drisse, point d'amure... j'avais l'impression qu'on me parlait chinois. À la pause déjeuner, je me suis assise sur le ponton et j'ai failli rentrer chez moi. » Mais Françoise est têtue. « Je me suis dit : tu as appris à conduire à 30 ans, tu as appris l'anglais à 50, tu apprendras la voile à 68. Point. »

Les cours ont duré deux étés. « J'y allais une semaine en juin, une semaine en septembre. Entre les deux, je lisais, je regardais des vidéos sur YouTube, je m'entraînais à faire des nœuds dans mon salon. Mon mari me regardait comme si j'étais devenue folle. » Au bout de la quatrième session, Françoise a passé son permis hauturier, version voile. « Le moniteur, Yann, m'a remis le diplôme et m'a dit une phrase qui ne m'a plus quittée : Françoise, maintenant il faut que vous naviguiez vraiment. Sinon tout ce que vous avez appris s'effacera. »

Le déclic suivant est venu de sa petite-fille Romane, 11 ans. « Un dimanche, elle est venue à la maison et elle m'a demandé : Mamie, est-ce qu'on pourra partir tous les deux sur ton bateau quand je serai grande ? Je n'avais pas de bateau. Mais en posant cette question, elle venait de me donner mon prochain projet. » Françoise a passé un an à se renseigner et a fini par louer un voilier avec un skipper expérimenté pour une traversée de la Manche depuis Saint-Vaast-la-Hougue jusqu'à Portsmouth. « Trois jours en mer, dont une nuit. Romane avait alors 13 ans, sa mère a hésité à dire oui. J'ai dit : si je le fais, c'est avec elle ou je ne le fais pas. »

Aujourd'hui, Françoise a 71 ans. Elle a fait la traversée de la Manche, navigué le long des côtes bretonnes, et part cet été pour quinze jours en Méditerranée. « Romane vient toujours. C'est devenu notre truc à nous. Sur un bateau, il n'y a pas d'âge qui sépare ! » Sa petite-fille, qui a 16 ans, parle de passer son permis bateau l'an prochain. « Je lui ai dit qu'on le passerait ensemble. Moi en repassage, elle en première inscription. Ça promet un sacré été. »

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Son secret de retraitée

« Quand vous regardez quelque chose en vous disant que c'est impossible parce que vous êtes trop vieux ou trop vieille pour ça, demandez-vous une seule question : qui a décidé que c'était impossible ? Probablement vous-même, et personne d'autre. Si vous changez d'avis, beaucoup de choses redeviennent accessibles. »

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La petite astuce APRIL

Avant de vous lancer dans la voile, vérifiez votre couverture santé : certaines mutuelles proposent des garanties spécifiques pour les sports nautiques et la pratique en mer, particulièrement utiles pour les longues navigations. Pensez aussi à un bilan cardio-vasculaire avant un premier stage, surtout si vous reprenez une activité physique après plusieurs années d'arrêt.

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