Chaque été, cette grand-mère part seule avec un seul de ses petits-enfants

Marie-Claude, 71 ans, a six petits-enfants. Et depuis six ans, elle a un rituel que toute la famille lui envie : chaque été, elle part une semaine en tête-à-tête avec l'un d'eux. Chacun son tour, chacun son année ! Elle nous raconte pourquoi elle ne reviendrait en arrière pour rien au monde.
Tout est parti d'un constat un peu amer, un dimanche de juillet. « Toute la tribu était réunie chez nous, il y avait du bruit, des rires, des assiettes partout. C'était joyeux. Mais le soir, en rangeant, j'ai réalisé que je n'avais pas échangé plus de trois phrases avec chacun de mes petits-enfants. » Marie-Claude en parle à son mari, qui hausse les épaules gentiment. Puis à sa fille aînée, qui lui répond du tac au tac : « Tu n'as qu'à en prendre un à la fois. » L'idée était lancée.
L'été suivant, Marie-Claude inaugure ce qu'elle appelle désormais « la semaine de ». La semaine de Louis, la semaine de Jeanne, la semaine de Gabriel... Le principe est simple : le petit-enfant dont c'est l'année choisit la destination, dans la limite du raisonnable. « On n'est jamais allés bien loin. Une location dans le Cotentin, un camping dans les Landes, trois jours à Lyon parce que Jeanne rêvait de visiter le musée des Confluences. Ce n'est pas la destination qui compte. C'est qu'il n'y ait que nous deux. »
Sans les parents, sans les frères et sœurs, la relation change du tout au tout. « Au bout de deux jours, ils se mettent à parler. Vraiment parler. Louis m'a raconté ses peurs pour le collège. Jeanne m'a posé des questions sur mon enfance que personne ne m'avait jamais posées. Il y a des choses qu'un enfant ne dit pas quand il y a du monde autour. »
Ce qui étonne le plus Marie-Claude, c'est ce que le rituel a créé entre les cousins. Aucune jalousie, ou presque. « Ils savent que leur tour viendra. Le petit dernier a quatre ans et il demande déjà où on ira "quand ce sera sa semaine". Ça leur donne quelque chose à attendre. Et moi aussi, d'ailleurs. » Côté organisation, elle a ses règles. Une seule semaine par été, pour ne pas s'épuiser. Un budget fixé à l'avance, le même pour tous. Et un carnet, toujours le même, dans lequel chaque petit-enfant écrit ou dessine quelque chose le dernier soir. « Il y a six étés dedans maintenant. C'est l'objet auquel je tiens le plus. »
À celles et ceux qui hésitent à se lancer, Marie-Claude répond sans détour : « On croit qu'il faut attendre le bon moment, le bon budget, la bonne destination. Il faut surtout un billet de train et l'envie d'écouter. Le reste, les enfants s'en chargent. »
Son secret de grand-mère
Contre le mal des transports sur la route des vacances, un sucre imbibé de deux gouttes d'essence de menthe poivrée à faire fondre sous la langue avant le départ. Le remède que nos aïeules glissaient déjà dans les poches... et qui fonctionne toujours.
La petite astuce APRIL
Avant de partir seul(e) avec un petit-enfant, glissez dans votre sac sa carte Vitale (ou une copie), son carnet de santé et une autorisation écrite des parents avec leurs coordonnées. En cas de bobo sur place, tout ira plus vite et vous partirez l'esprit tranquille !
Les petites bulles APRIL

























