À 73 ans, elle organise la première cousinade de sa famille

Le constat lui est venu un jour de deuil : sa famille ne se retrouvait plus qu'aux enterrements. Alors Annick, 73 ans, a décidé de renverser la table. Huit mois plus tard, 47 cousins, enfants et arrière-petits-cousins se réunissaient pour la première fois dans le jardin d'une salle des fêtes de Mayenne. Récit d'un pari un peu fou.
« C'était aux obsèques de mon cousin Bernard, en octobre. Sur le parking, on s'est tous dit la même chose : c'est fou, on ne se voit plus que dans ces occasions-là. Et quelqu'un a ajouté, comme on le dit toujours : il faudrait qu'on se retrouve autrement. Tout le monde a hoché la tête. Et je savais très bien que si personne ne s'y collait, on se reverrait au prochain enterrement. »
Sur la route du retour, Annick prend sa décision. Ce sera elle !
Première étape : retrouver tout le monde. Plus facile à dire qu'à faire quand certaines branches de la famille ne se sont pas parlé depuis trente ans. « J'ai ressorti le carnet d'adresses de ma mère, j'ai passé des coups de fil, remonté des pistes. Ma petite-fille Chloé m'a créé un groupe WhatsApp et m'a aidée à chercher des cousins sur Internet. On a retrouvé une branche entière installée en Belgique dont j'avais perdu la trace depuis les années 90. »
Il y a des surprises, bonnes et moins bonnes. Un cousin qui raccroche au nez, persuadé qu'on veut lui vendre quelque chose, puis qui rappelle le lendemain, ému. Une vieille brouille d'héritage qui refait surface. « Je n'ai forcé personne. J'ai juste dit à chacun : la porte est ouverte, le 8 août, venez comme vous êtes. »
47 personnes, 4 générations, une doyenne de 94 ans ! Le jour J, Annick n'en mène pas large. « Jusqu'à onze heures du matin, j'étais persuadée qu'il n'y aurait que quinze personnes et trop de taboulé. » Ils seront 47. Quatre générations, de la tante Simone, 94 ans, au petit Marceau, trois mois, qui passera l'après-midi de bras en bras.
Sur un mur de la salle, Annick a affiché l'arbre généalogique qu'elle a reconstitué, avec des photos anciennes retrouvées dans les cartons. « C'est devant cet arbre que les plus belles choses se sont passées. Des cousins qui découvraient à quoi ressemblaient leurs arrière-grands-parents. Simone qui racontait des histoires que même moi je ne connaissais pas. À un moment, j'ai vu Chloé filmer sa tante avec son téléphone pour garder sa voix. Là, je me suis dit : voilà, c'est pour ça que je l'ai fait. »
La journée s'est terminée par un vote à main levée : la deuxième cousinade aura lieu dans deux ans, organisée cette fois par la branche belge. « J'ai passé le relais avec un classeur et tous mes contacts. Mon travail est fait. »
Son conseil à ceux qui hésitent ? « N'attendez pas d'avoir l'accord de tout le monde, vous ne l'aurez jamais. Fixez une date, trouvez un jardin, et lancez les invitations. Les familles ont juste besoin que quelqu'un ose faire le premier pas. »
Son secret de retraitée
Pour tenir les guêpes loin du buffet, un demi-citron piqué de clous de girofle posé au centre de chaque table. Le grand classique des repas de famille dans le jardin, transmis de génération en génération... parce qu'il marche vraiment.
La petite astuce APRIL
Une grande réunion de famille en plein mois d'août, ça se prépare aussi côté chaleur. Prévoyez un vrai coin d'ombre avec des sièges confortables pour les aînés, de l'eau fraîche à portée de main sur chaque table et les moments forts de la journée en fin d'après-midi plutôt qu'en plein soleil. Vos doyens profiteront de la fête aussi longtemps que les plus jeunes.
Les petites bulles APRIL

























