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À 69 ans, ce grand-père a appris à nager pour se baigner avec ses petits-enfants


Pendant plus de soixante ans, Jean-Pierre a gardé un secret que personne, pas même ses enfants, ne soupçonnait : il ne savait pas nager. Chaque été, il trouvait une excuse pour rester sur le sable. Jusqu'au jour où sa petite-fille lui a posé la question qui a tout déclenché.

Jean-Pierre a grandi dans un village de l'Allier, loin de la mer, à une époque où la piscine municipale n'existait pas encore. « Personne ne m'a appris, tout simplement. Et puis à douze ans, j'ai bu la tasse dans une rivière, un copain a dû me tirer par le bras. Après ça, je n'ai plus jamais mis la tête sous l'eau. »

Pendant des décennies, il s'arrange. À la plage, c'est lui qui garde les affaires, qui va chercher les glaces, qui surveille les serviettes. « J'avais tout un répertoire. Le dos fragile, la digestion, le soleil... Ma femme le savait, elle, mais elle n'en parlait jamais. C'était mon petit arrangement avec la honte. »

L'été de ses 68 ans, à Saint-Palais-sur-Mer, sa petite-fille Léna, sept ans, sort de l'eau en courant et lui lance, dégoulinante : « Papi, pourquoi tu ne viens jamais te baigner avec nous ? » « Les autres, je savais leur répondre. Mais elle, avec ses yeux plantés dans les miens... J'ai bredouillé quelque chose et j'ai senti que je devenais tout rouge. Ce soir-là, je n'ai pas bien dormi. »

En rentrant de vacances, Jean-Pierre pousse la porte de la piscine de sa ville. Il apprend qu'il existe des cours spécialement conçus pour les adultes qui ont peur de l'eau, et qu'il est loin d'être un cas isolé. « Dans mon groupe, on était huit. Le plus jeune avait 52 ans, la plus âgée 74. Huit adultes qui avaient tous passé leur vie à inventer des excuses au bord de l'eau. Rien que de voir ça, je me suis senti moins seul. »

Dix mois, trente séances, une promesse tenue. Les débuts sont laborieux. Il faut réapprendre à mettre le visage dans l'eau, à souffler, à accepter de ne plus toucher le fond. « Il y a des séances où je ressortais fier comme un gamin, et d'autres où je me disais que c'était perdu d'avance. La maître-nageuse me répétait : votre corps sait flotter, c'est votre tête qui refuse. Elle avait raison. »

Au printemps, Jean-Pierre traverse le grand bassin pour la première fois. Vingt-cinq mètres de brasse, sans s'arrêter. « J'ai 69 ans et je crois que je n'avais pas pleuré comme ça depuis longtemps. »

Cet été, à Saint-Palais, il est entré dans l'eau avec Léna et ses cousins. Sans prévenir personne. « Ma fille est restée figée sur sa serviette. Léna, elle, a juste crié "Papi !" et elle m'a éclaboussé. Pour elle, c'était naturel que je sois là. C'est peut-être ça, le plus beau. »

Aujourd'hui, Jean-Pierre nage deux fois par semaine et le dit à qui veut l'entendre : « Si vous faites partie de ceux qui gardent les serviettes depuis quarante ans, allez pousser la porte d'une piscine. On ne vous jugera pas. Et de l'autre côté, il y a vos petits-enfants qui vous attendent dans l'eau. »

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Son secret de grand-père

Avant d'entrer dans l'eau, mouillez-vous toujours la nuque, les poignets et l'arrière des genoux. Ce geste que nos grands-mères imposaient à toute la tablée après le déjeuner évite le choc thermique et il n'a pas pris une ride.

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La petite astuce APRIL

La plupart des piscines municipales proposent des créneaux réservés aux adultes et des cours spécifiques contre la peur de l'eau, souvent à petit prix. Et si votre médecin vous prescrit une activité physique adaptée, certaines séances peuvent être prises en charge : parlez-en lors de votre prochaine visite.

Les petites bulles APRIL