À 70 ans, je suis devenue famille d'accueil pour chiens

Martine n'avait jamais eu de chien de sa vie. « Mon mari était allergique, alors la question ne s'était jamais posée » explique-t-elle avec un sourire. « Quand il est décédé, j'ai vécu six mois dans un appartement qui me semblait immense. Silencieux d'une façon qui pesait. » C'est sa voisine qui a glissé l'idée, presque par hasard. « Elle m'a parlé d'une association qui cherchait des familles d'accueil temporaires pour des chiens en attente d'adoption. Pas d'engagement à vie, juste accueillir un animal le temps qu'il trouve sa famille. J'ai failli dire non réflexe. Et puis j'ai dit : pourquoi pas ? »
Les débuts ont été plus intenses que prévu. « Mon premier accueilli s'appelait Biscuit, un beagle de 3 ans » raconte Martine. « Il était stressé, il aboyait beaucoup les premiers jours. Je me demandais dans quoi je m'étais embarquée ! » L'association l'avait pourtant bien préparée. « Ils m'ont donné toutes les clés : comment créer un environnement rassurant, comment gérer les comportements anxieux, quoi observer pour le dossier d'adoption » détaille-t-elle. « Et surtout, ils restaient disponibles au moindre problème. Je n'étais pas seule. »
Au bout d'une semaine, Biscuit dormait aux pieds de son lit. Au bout de deux semaines, il attendait devant la porte quand elle revenait de ses courses. « Et là, j'ai compris pourquoi les gens font ça » dit Martine, les yeux qui s'illuminent. « Ce lien, même temporaire, c'est quelque chose d'extraordinaire. » Martine a depuis accueilli quatorze chiens en trois ans. Des grands, des petits, des vieux, des chiots. « Chacun avec sa personnalité, ses peurs, ses petites manies » raconte-t-elle. « J'ai appris à lire leurs signaux, à adapter mon comportement. À 70 ans, j'apprends encore ! »
La question que tout le monde lui pose : est-ce que c'est dur de les laisser partir ? « Oui et non » répond Martine honnêtement. « Il y en a un, Caramel, pour qui j'ai pleuré deux jours. Mais je savais qu'il partait dans une famille formidable. Et surtout, en le laissant partir, je libérais une place pour un autre chien qui avait besoin de moi. » L'impact sur sa propre vie dépasse ce qu'elle imaginait. « Je sors deux fois par jour, je marche, je respire dehors » dit-elle. « J'ai rencontré d'autres familles d'accueil, on échange, on se soutient. Et les propriétaires que je croise dans le parc s'arrêtent pour discuter. Ça crée des liens. »
Son secret de retraitée
« Si vous êtes seule et que vous aimez les animaux, les familles d'accueil c'est idéal. Pas de frais vétérinaires, pas d'engagement à long terme, et une association qui vous accompagne. Vous donnez un foyer temporaire à un animal, et lui vous donne quelque chose d'inestimable en retour. »
La petite astuce APRIL
Renseignez-vous auprès de la SPA ou des associations locales de protection animale. La plupart ont des programmes de familles d'accueil bien structurés, avec une formation initiale et un suivi régulier.
Les petites bulles APRIL

























