J'ai repris des études à 56 ans et j'ai eu mon diplôme de naturopathe

Quand Véronique a annoncé à son entourage qu'elle s'inscrivait à une école de naturopathie, les réactions ont été mitigées. « Mon mari me regardait avec une tendresse un peu inquiète » rit-elle. « Mes collègues pensaient que c'était une lubie de pré-retraite. Et moi, j'avais un peu peur qu'ils aient raison. » Véronique avait passé trente ans dans la comptabilité. Un métier qu'elle maîtrisait, qu'elle aimait bien, mais qui ne la faisait plus vibrer. « À 55 ans, j'ai eu ce sentiment très net que si je ne changeais rien, j'allais continuer sur le même chemin par défaut, sans jamais avoir essayé autre chose. Ça m'a fait peur. »
L'intérêt pour la naturopathie était vieux de plusieurs années. « J'avais moi-même traversé une période de grande fatigue, et c'est en me penchant sur mon alimentation, mon sommeil, mes rythmes, que j'avais retrouvé de l'énergie » explique Véronique. « J'avais envie de transmettre ça. D'aider les autres à se reconnecter à eux-mêmes. » Elle a passé six mois à se renseigner, comparer les écoles, lire, hésiter. « J'avais peur du regard des autres étudiants. Ils allaient avoir 25 ans, j'en avais 56. Est-ce que j'allais me sentir ridicule ? »
La rentrée a balayé ces craintes. « Il y avait des profils très variés, des reconversions à tous les âges » se souvient-elle. « Et mes camarades ne m'ont jamais fait sentir déplacée, au contraire. Mon expérience de vie était vue comme une richesse. » La formation durait deux ans, en alternance week-ends et cours du soir. « Ce n'était pas rien à côté d'un travail à temps plein » reconnaît Véronique. « Il y avait des soirs où je rentrais du cours à 22h30 et je me demandais ce qui m'avait pris. » Mais la passion prenait le dessus. « J'avais hâte d'ouvrir mes manuels. Ça faisait des décennies que je n'avais pas ressenti ça. »
Le jour de l'examen, Véronique avait les mains qui tremblaient. « J'étais plus stressée que mes camarades de 28 ans, c'est certain » plaisante-t-elle. « Mais j'avais aussi plus envie que n'importe qui dans cette salle. » Elle a eu son diplôme quatre mois avant son départ en retraite. « J'ai pleuré. Des larmes de quelque chose que je n'arrive pas vraiment à nommer. De fierté, de soulagement, de joie... » Depuis, elle a ouvert son cabinet à domicile. Quelques consultations par semaine, des ateliers en groupe le samedi. « Ce n'est pas pour le revenu, ma retraite suffit. C'est pour le sens. Chaque consultation me rappelle pourquoi j'ai tout fait pour être là. »
Son secret de retraitée
« Ne laissez personne vous dire qu'il est trop tard. Le seul moment où il est trop tard, c'est quand vous renoncez vous-même. Renseignez-vous, parlez à des gens qui ont fait la même chose, et faites un premier pas concret. Juste un. »
La petite astuce APRIL
Avant de vous engager financièrement, assistez à une journée portes ouvertes de l'école qui vous intéresse. Rencontrez des étudiants, posez des questions sur les débouchés réels. Et vérifiez si vous êtes éligible à des financements via votre CPF ou le dispositif Transitions Pro.
Les petites bulles APRIL

























