Les acouphènes : ils ont réussi à les apprivoiser grâce à ces astuces

Ils décrivent ça comme un sifflement, un bourdonnement, parfois une sonnerie qui n’en finit pas. Les acouphènes touchent près d’un Français sur dix, et bien plus après 60 ans. Pas de remède miracle, mais des façons concrètes de reprendre le dessus. Quatre personnes racontent ce qui leur a vraiment aidé !
Martine, 67 ans : “J’ai arrêté de me battre contre le silence”
Martine a eu ses premiers acouphènes à 63 ans, après une période de stress intense. « Au début, j’éteignais tout pour essayer de ne plus les entendre. C’était la pire chose à faire. Dans le silence total, ils devenaient insupportables. » Ce qui a changé les choses : le bruit de fond. « Mon audiologiste m’a conseillé de ne jamais rester dans le silence complet. Depuis, je mets un ventilateur en marche la nuit, ou une playlist de sons de pluie. Mon cerveau se concentre sur ce bruit-là et “oublie” les acouphènes. »
Son astuce concrète : les applications de “sons blancs” (pluie, rivière, ventilateur...) disponibles gratuitement sur téléphone. Elle les utilise aussi bien la nuit que lors de ses moments de lecture.
Jacques, 71 ans : “Le café était mon ennemi sans que je le sache”
Jacques buvait quatre cafés par jour depuis quarante ans. Quand ses acouphènes ont commencé, il n’a pas fait le lien. « C’est ma femme qui a lu quelque chose là-dessus et qui m’a convaincu d’essayer. J’ai réduit à un café le matin pendant trois semaines. » Le résultat l’a surpris lui-même. « Les sifflements n’ont pas disparu, mais ils sont devenus beaucoup moins intenses, surtout en fin de journée, quand c’était le pire. » La caféine et l’alcool sont des vasodilatateurs qui peuvent aggraver les acouphènes chez certaines personnes. Pas chez tout le monde, mais l’essai ne coûte rien.
Son astuce concrète : tenir un journal sur deux semaines, noter l’intensité des acouphènes chaque soir et ce qui a été consommé dans la journée. Les corrélations apparaissent souvent d’elles-mêmes.
Sylvie, 64 ans : “La mâchoire, personne ne m’en avait parlé”
Sylvie a consulté trois médecins avant qu’un ostéopathe lui pose une question inattendue : “Vous serrez les dents la nuit ?” « Il m’a expliqué que les muscles de la mâchoire et de la nuque sont directement connectés à l’oreille interne. Quand ils sont contractés en permanence, souvent à cause du stress ou du bruxisme, ils peuvent déclencher ou aggraver les acouphènes. » Trois séances d’ostéopathie plus tard, et une gouttière dentaire prescrite par son dentiste : « Pas de miracle. Mais une vraie diminution. Et surtout, je dors mieux. »
Son astuce concrète : si vous serrez les dents la nuit ou si vous avez souvent des tensions dans la nuque, parlez-en à votre dentiste et à un ostéopathe. Ce lien entre mâchoire et acouphènes est réel et souvent ignoré.
René, 74 ans : “J’ai arrêté d’en faire un sujet de conversation”
René a compris quelque chose que les spécialistes appellent “l’habituation” : plus on focalise son attention sur les acouphènes, plus le cerveau les amplifie. « Je parlais de mes sifflements à tout le monde. Ma femme, mes enfants, mes amis. Et plus j’en parlais, plus j’y pensais, plus ils semblaient forts. » Il a suivi six séances de thérapie cognitive et comportementale, une approche recommandée par les ORL pour apprendre à “reclasser” le son des acouphènes dans la catégorie des bruits neutres, comme le bruit du réfrigérateur qu’on n’entend plus. « Ça demande du travail. Mais aujourd’hui, il m’arrive des journées entières sans y penser. »
Son astuce concrète : renseignez-vous auprès de votre médecin sur les TCC appliquées aux acouphènes. Certains audiologistes et psychologues sont formés à cette approche spécifiquement.
Ce qu’ils ont tous en commun
Martine, Jacques, Sylvie et René ne sont pas guéris. Les acouphènes font toujours partie de leur quotidien. Mais ils ont tous trouvé leur façon de reprendre la main, en testant, en observant, en consultant. Et en arrêtant d’attendre un miracle pour commencer à agir !
Les petites bulles APRIL
























