À 68 ans, elle est devenue la photographe officielle de tous les événements de sa famille

L’appareil photo est arrivé un matin de janvier, dans un grand carton avec un nœud rouge. Cadeau d’anniversaire de ses trois enfants. « Ils s’étaient cotisés » se souvient Françoise. « Un vrai reflex, pas un appareil de débutante. Je leur ai dit : vous êtes fous. Ils m’ont dit : tu l’es depuis longtemps, mais là tu as enfin le matériel. » Françoise avait toujours photographié, avec son téléphone, avec les appareils jetables des années 90, avec ce petit compact numérique qu’elle avait traîné partout pendant dix ans. Mais elle ne s’était jamais considérée comme photographe. « C’était un mot pour les autres. »
Elle a suivi un cours pour débutants dans sa mairie. « J’avais 30 ans de moins que les autres élèves, quasiment » plaisante-t-elle. « Non, je plaisante. Mais presque. » Ce qui l’a frappée dès les premières leçons : regarder différemment. « On vous apprend à voir avant d’appuyer. La lumière, le cadre, ce qui se passe dans les coins de l’image. J’ai réalisé que j’avais passé des décennies à appuyer sans regarder vraiment. »
Le premier événement, c’était l’anniversaire de ses 5 ans de sa petite-fille Inès. « Je suis arrivée avec mon appareil et mon nouveau trépied, un peu intimidée » raconte Françoise. « Et puis j’ai commencé à shooter, et j’ai oublié tout le reste. » Les photos qu’elle a rapportées ce soir-là ont circulé dans toute la famille en moins de 24 heures. Sa belle-fille lui a envoyé un message : “Françoise, tu as capturé quelque chose qu’on n’avait jamais réussi à capturer.” Elle a relu le message trois fois.
Depuis, plus un anniversaire, plus un mariage, plus une première communion, plus un repas de Noël ne se passe sans elle et son appareil. « Je suis devenue un personnage » rit-elle. « Les enfants posent dès qu’ils me voient arriver. Mon fils dit que je suis la mémoire de la famille. » Cinq de ses photos sont encadrées dans des maisons différentes. Une est accrochée dans le couloir de sa fille depuis deux ans, un portrait de son petit-fils de trois ans qui regarde par la fenêtre un matin de pluie. « Cette photo-là, je ne sais pas comment je l’ai faite. Je me suis juste retournée au bon moment. »
Son secret de retraitée
« Ne demandez pas si vous êtes fait pour quelque chose. Demandez si ça vous fait regarder le monde différemment. Si oui, continuez. »
La petite astuce APRIL
Si la photographie devient une vraie passion, sachez que certains cours et ateliers artistiques sont éligibles aux dispositifs de financement pour les retraités actifs. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre CARSAT, des aides existent pour financer vos nouvelles activités, et elles sont souvent méconnues.
Les petites bulles APRIL
























