Avantages et inconvénients des prothèses auditives : 6 idées reçues à dépasser
Environ 10 % des Français souffrent de gênes auditives (1). Et pourtant 44 % d’entre eux ne sont pas encore appareillés, malgré les différents bénéfices qu’ils pourraient en tirer… Freins financiers, peur du regard des autres, doutes sur le confort ou l'efficacité des dispositifs : les idées reçues sur les prothèses auditives ont la vie dure, dépassons-les !
Idée reçue n°1 : "À mon âge, c'est normal de moins bien entendre, un appareil ne changera pas grand chose”
Accepter de moins entendre n'est pas une fatalité pour les seniors, bien au contraire !
La presbyacousie, c’est-à-dire la perte auditive liée au vieillissement, est certes un phénomène naturel, fréquent après 50 ans. Mais “naturel” ne veut pas dire sans conséquences, ni sans solutions.
Non traités, les troubles auditifs progressifs ont des répercussions importantes sur la santé. Au-delà de leur seul risque d’isolement social et de fatigue, ils peuvent être à l’origine de symptômes dépressifs, mais aussi d’une accélération du déclin cognitif : la perte d’audition est le premier facteur de risque évitable de la démence ! (2)
Et plus l'appareillage est tardif, plus la réadaptation est longue. À l'inverse, un appareillage précoce permet de préserver ses capacités et offre une meilleure qualité de vie ainsi que davantage d'autonomie sur la durée.
Mutuelle senior
Idée reçue n°2 : "Un appareil auditif, ça se voit trop, ça fait vieux"
Quand on vous dit appareil auditif, vous pensez immédiatement à la prothèse volumineuse accrochée derrière l'oreille ? Si certains niveaux sévères de surdité imposent parfois le recours à ce type d’appareils (appelés à juste titre “contours d’oreille”), d’autres modèles plus modernes se déclinent dans des formats extrêmement discrets grâce aux procédés de miniaturisation : on parle même d’appareils auditifs “invisibles” pour certaines prothèses intra auriculaires dites “intra-profondes”.
Et sachez que les mentalités évoluent : 65 % de l’ensemble des Français (malentendants ou non) estiment que les prothèses auditives sont de mieux en mieux acceptées socialement (3). Ce qui est visible, en revanche, c'est de faire répéter sans cesse, de répondre à côté, ou de s'isoler progressivement des conversations.
Idée reçue n°3 : “ Je porte déjà des lunettes, ça ne sera pas confortable avec un appareil auditif”
Les contours d'oreille modernes sont conçus pour être compatibles avec le port de lunettes. Leur tube ou leur fil très fin longe le pavillon de l'oreille de façon discrète, et leur légèreté permet de ne pas ajouter de pression significative. La grande majorité des porteurs de lunettes qui s'appareillent s'y habituent donc rapidement, sans modification de leur équipement optique ni de leur confort visuel.
De plus, les modèles intra-auriculaires, logés entièrement dans le conduit auditif, constituent une alternative encore plus pratique : ils ne touchent pas les branches de lunettes, et certains sont totalement invisibles. Ces modèles conviennent toutefois aux pertes auditives légères à moyennes, et nécessitent que l'anatomie du conduit auditif soit compatible : votre audioprothésiste évaluera cela dès votre premier rendez-vous.
Enfin, pour les personnes qui souhaitent simplifier encore davantage leur équipement, il existe des “lunettes auditives” qui comprennent un récepteur directement dans leurs branches. Ce type de dispositif reste néanmoins encore peu répandu et s'adresse à des profils spécifiques.
Idée reçue n°4 : "Je ne m'y ferai jamais, c'est trop compliqué à utiliser"
L'adaptation à un appareil auditif prend parfois du temps, c'est vrai. Le cerveau doit réapprendre à traiter des sons qu'il n'entendait plus, votre corps doit s'habituer à l'expérience de ce nouveau corps étranger logé dans votre oreille, et les premières semaines peuvent demander un effort d'ajustement.
Mais pendant cette période, vous êtes accompagné : la période d'essai obligatoire de 30 jours* vous permet de réfléchir et tester avant tout achat définitif, l'audioprothésiste réalise plusieurs séances de réglage personnalisé, et vous garantit ensuite un suivi régulier.
Quant à la manipulation de votre prothèse, les appareils modernes sont de plus en plus intuitifs et faciles d'utilisation. Beaucoup disposent de batteries rechargeables, sans pile à changer. Certains se connectent directement aux téléphones et télévisions via Bluetooth, et s'ajustent via une application mobile.
Idée reçue n°5 : "C'est trop cher, je ne peux pas me le permettre"
Jusqu’à récemment, le prix des appareils auditifs restait un frein majeur à l'appareillage auditif en France, décourageant de nombreux malentendants à s'appareiller. Une réalité que la réforme 100 % Santé a changé !
Depuis 2021, tout assuré doit se voir proposer des appareils auditifs de classe I sans aucun reste à charge : ils sont proposés à un prix plafonné à 950 €* par oreille (ou 1400 pour les moins de 20 ans), et sont intégralement remboursés par la Sécurité sociale et les mutuelles ou complémentaires santé responsables.
Et contrairement aux idées reçues, les appareils de classe I ne sont pas des modèles bas de gamme. Certes, les appareils de classe II offrent parfois des performances et des fonctionnalités plus sophistiquées : mais selon le niveau de garantie de votre mutuelle, vous pouvez peut-être aussi y avoir accès sans sacrifier votre budget.
Idée reçue n°6 : "Les appareils auditifs ont souvent des effets secondaires indésirables"
Comme tout dispositif médical, les appareils auditifs peuvent entraîner quelques effets indésirables lors de la période d'adaptation : sensation d'oreille bouchée, acouphènes temporaires, légères irritations du conduit auditif, ou inconfort lié au port prolongé.
Mais ces effets sont généralement transitoires et s'estompent au fil des premières semaines. Ils doivent dans tous les cas être signalés à votre audioprothésiste, qui ajustera les réglages ou le positionnement de votre appareil de façon adaptée à vos besoins.
Avantages et inconvénients des appareils auditifs : vos questions, nos réponses
Faut-il attendre d'être "vraiment" gêné pour consulter un audioprothésiste ?
Faut-il attendre d'être "vraiment" gêné pour consulter un audioprothésiste ?
Non. Plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge est efficace. Si vous faites répéter régulièrement, si vous montez le son de la télévision, ou si vous évitez certaines situations bruyantes, faites en part à votre médecin traitant ou votre médecin ORL. Vous pouvez aussi réaliser un bilan gratuit chez un audioprothésiste, qui vous confirmera la nécessité de vous faire prescrire un appareillage par un ORL.
Peut-on appareiller une seule oreille pour commencer ?
Peut-on appareiller une seule oreille pour commencer ?
C'est parfois possible, mais l'appareillage bilatéral (c’est-à-dire des deux oreilles simultanément) est généralement recommandé en cas de perte auditive des deux côtés. Il permet une meilleure localisation des sons, une compréhension de la parole dans le bruit nettement améliorée, et évite que l'oreille non appareillée se dégrade plus vite.
Peut-on changer d'appareil auditif si on n'est pas satisfait après l'essai ?
Peut-on changer d'appareil auditif si on n'est pas satisfait après l'essai ?
Oui. La période d'essai de 30 jours* est obligatoire et sans engagement. Elle est précisément conçue pour faire des tests en situations de vie habituelles, et valider votre choix avant votre achat définitif. Si l'appareil ne vous convient pas, vous pouvez en essayer un autre ou changer de modèle sans frais.
