Publié par  Laura Brizon  - Créé le  

Peut-on tomber enceinte en préménopause ?

Tomber enceinte reste théoriquement possible pendant la période de préménopause, tant que la ménopause n’est pas complètement avérée : il est donc nécessaire de conserver une contraception pour éviter tout risque de grossesse non désirée. Mais pour certaines femmes, le questionnement est inverse : quand la préménopause survient trop tôt, comment répondre à un désir d’enfant ? Une prise en charge médicale et émotionnelle est alors accessible pour les accompagner dans ce projet.

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En résumé

  • Bien que les cycles hormonaux soient bouleversés durant la préménopause, une grossesse reste possible jusqu'à la ménopause définitive : les femmes qui ne souhaitent pas tomber enceintes doivent donc poursuivre leur contraception jusqu'à ce que leur ménopause soit certaine. 

  • Pour les femmes en préménopause (notamment précoce) ayant un désir de grossesse, des solutions sont parfois possibles (don d'ovocytes ou encore le transfert d'embryon) : elles méritent d'être explorées rapidement avec une équipe médicale spécialisée.

  • Tout projet de grossesse ou toute question sur la contraception en périménopause doit faire l'objet d'une consultation médicale.

Préménopause et fertilité : sortir des idées reçues

Il est tentant, passé 45 ans, de penser que la contraception n'est plus vraiment nécessaire. Mais c'est une croyance potentiellement lourde de conséquences ! 

La fécondité féminine diminue certes avec l'âge, du fait de la réduction du nombre et de la qualité des ovocytes : les chances moyennes de grossesse par cycle menstruel sont de 25 % à 25 ans, de 12 % à 35 ans, et de seulement 6 % au-delà de 40 ans (1). Ces chiffres indiquent donc que la probabilité diminue avec l’âge, sans toutefois atteindre zéro avant la ménopause confirmée, et même en cas de cycles irréguliers.

Comme l'âge de la ménopause varie significativement d'une femme à l'autre et ne peut pas être déterminé individuellement, la contraception doit être poursuivie jusqu'à la certitude de la ménopause : cette dernière n'est acquise qu'après 12 mois consécutifs sans menstruation. Tant que cette étape n'est pas franchie, une ovulation et une grossesse ne sont donc pas impossibles.

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Quelle contraception après 40 ans, aux alentours de la préménopause ?

La prescription d'une contraception après 40 ans peut parfois se révéler complexe : elle nécessite une évaluation globale de chaque femme, et l’analyse de ses différents facteurs de risque vasculaires et métaboliques. Ce n'est pas seulement l'âge qui guide le choix du médecin, mais aussi l’état de santé général, les antécédents et, si possible, les préférences de chaque patiente.

Le DIU (stérilet), hormonal ou en cuivre, est souvent bien adapté à cette période de la vie : il constitue une méthode contraceptive très efficace, le stérilet hormonal présentant en outre l'avantage de réduire les règles abondantes, fréquentes en périménopause. 

Mais d'autres méthodes restent possibles selon votre profil : implant, pilule microprogestative, préservatif. La pilule œstroprogestative, en revanche, est généralement déconseillée après 50 ans : elle masque les symptômes permettant d’évaluer l’avancée vers la ménopause, et expose parfois à des risques cardiovasculaires. 

Afin de savoir si la ménopause est confirmée sous contraception hormonale, la stratégie généralement recommandée est d'interrompre la contraception orale ou de retirer l'implant ou le stérilet hormonal, de reprendre une contraception naturelle, et de vérifier la survenue d’aménorrhées (2). Dans tous les cas, cette décision d'arrêt se prend toujours avec votre médecin ou gynécologue.

Conseil APRIL

Si vous ne souhaitez pas tomber enceinte et que vous ressentez les premiers signes de la périménopause, n’abandonnez pas votre contraception sans avis médical. Votre gynécologue pourra vous aider à choisir la méthode la plus adaptée à votre profil de santé à cette période, et vous indiquer à quel moment l'arrêt peut être envisagé sans risque.

Quand la préménopause arrive trop tôt : l'insuffisance ovarienne prématurée

Pour certaines femmes, la transition hormonale ne survient pas aux alentours de 47 ans mais bien avant, parfois à 30, 35 ou 40 ans : on parle d'insuffisance ovarienne prématurée (IOP). L'infertilité est alors le plus souvent définitive. 

Pour les femmes concernées qui souhaitent avoir un enfant, cette annonce de ménopause précoce est souvent très difficile. Des solutions existent toutefois pour envisager une grossesse :

  • Le don d'ovocytes est aujourd’hui la voie la plus documentée, lorsque les ovaires sont encore fonctionnels mais ne répondent pas à la stimulation ovarienne, ou quand la qualité des ovocytes est insuffisante pour espérer une grossesse spontanée. En France, ce don est encadré par l'Agence de Biomédecine et reste anonyme (3).

  • L'accueil d'embryon est une autre option, qui peut être proposée mais selon des critères très spécifiques et un protocole très strict (4).

  • La grossesse spontanée, bien que rare, reste possible dans certains cas d'IOP partielle. Le temps est ici un facteur déterminant : plus le diagnostic d’insuffisance ovarienne prématurée est posé tôt, plus les options restent ouvertes.

Dans tous les cas, une prise en charge dans un Centre de Référence spécialisé en IOP est vivement recommandée. Ces centres assurent un suivi global, médical comme psychologique.

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Le + APRIL

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Apprendre sa préménopause suite à un échec de grossesse : témoignage

A 40 ans, j’ai arrêté la pilule avec le projet d’avoir enfin un enfant avec mon conjoint. Mais mes règles ne sont pas revenues. Au début, j'ai pensé que j’étais tombée très vite enceinte, mais les résultats des tests sont tombés : FSH à 45, AMH indétectable… Ma gynécologue a prononcé les mots "insuffisance ovarienne prématurée". J’ai cru que le sol s’effondrait sous mes pieds. J’avais l’impression qu’on m'avait retiré un droit sans me demander mon avis. Ma médecin nous a orientés vers un centre spécialisé. On est sur liste d'attente pour un don d'ovocytes en France. Ça prend du temps, trop de temps. Mais on avance. Ce que je dis aux autres femmes qui apprennent ce diagnostic : pleurez si vous en avez besoin, mais ne restez pas seules avec ça. Et surtout, consultez au plus vite !

Quels sont les signes de fertilité en préménopause ?

La ménopause intervient lorsque la réserve de follicules ovariens (variable d'une femme à l'autre) s'épuise : l'ovulation diminue, et la production hormonale baisse (hormones de progestérone, puis d'œstrogène). 

Ce processus s'installe souvent progressivement : la fertilité diminue mais ne disparaît pas immédiatement. Certains signes permettent justement de repérer les cycles encore ovulatoires, même irréguliers. Les connaître est utile aussi bien pour celles qui souhaitent éviter une grossesse que pour celles qui espèrent en concevoir une.

  • La glaire cervicale reste l'un des indicateurs les plus fiables : en phase fertile, elle devient généralement transparente, filante et abondante (souvent comparée au blanc d'œuf cru). En préménopause, ces épisodes de glaire fertile se raréfient et deviennent moins prévisibles, mais leur présence signale qu'une ovulation est possible dans les jours qui suivent.

  • La température basale (prise chaque matin avant tout lever, avec un thermomètre dédié) permet de détecter l'ovulation a posteriori : une légère hausse de 0,2 à 0,5 °C, se maintenant plusieurs jours, indique qu'une ovulation vient de se produire. En préménopause, les courbes de température deviennent moins régulières et parfois difficiles à interpréter, mais la méthode reste utilisable pour identifier les cycles ovulatoires.

  • Les douleurs ovulatoires (légères douleurs pelviennes survenant en milieu de cycle) persistent chez certaines femmes même en préménopause et peuvent signaler une ovulation.

Les tests d'ovulation urinaires, disponibles en pharmacie, détectent le pic d'hormones LH qui précède l'ovulation de 24 à 36 heures. Ils restent utilisables en préménopause, mais leur interprétation est plus délicate : les taux de LH étant naturellement plus fluctuants à cette période, des faux positifs sont possibles. Un résultat positif mérite d'être confirmé par l'observation d'autres signes ou par un suivi médical.

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Grossesse et préménopause : à retenir

  • La contraception ne se choisit pas seule après 40 ans : elle dépend de votre santé globale et de vos antécédents, à évaluer avec votre médecin.

  • Certains signes (glaire cervicale, température basale, tests d'ovulation) permettent de repérer une possible ovulation, même en cycles irréguliers.

  • Une insuffisance ovarienne prématurée n'est pas une fatalité pour un désir de grossesse, des solutions existent et méritent d'être explorées tôt.

  • Les Centres de Référence spécialisés en IOP offrent un accompagnement à la fois médical et psychologique.

  • Une grossesse après 40 ans demande un suivi médical renforcé, en raison d'un risque accru de complications.

  • Quel que soit votre projet (éviter ou obtenir une grossesse), le dialogue avec votre gynécologue reste la meilleure boussole.

  • Avec APRIL, vos consultations, examens et parcours de PMA peuvent être mieux couverts grâce à des garanties adaptées et des renforts optionnels à personnaliser selon vos besoins.

Tomber enceinte en préménopause : vos questions, nos réponses

Jusqu'à quel âge faut-il maintenir une contraception ?

Jusqu'à la certitude de la ménopause, confirmée par douze mois consécutifs avec absence de menstruation. C'est votre médecin ou gynécologue qui valide cet arrêt, éventuellement après un bilan hormonal réalisé après arrêt de toute contraception hormonale.

Une grossesse pendant la périménopause est-elle plus risquée ?

Les grossesses après 40 ans sont généralement associées à un risque accru de complications obstétricales et nécessitent un suivi renforcé. Ces risques, à prendre au sérieux, justifient une prise en charge médicale adaptée dès le début de la grossesse.

Où s'adresser en cas d'IOP avec désir de grossesse ?

En France, les Centres de Référence maladies rares prenant en charge les insuffisances ovariennes prématurées sont la porte d'entrée recommandée par les autorités de santé. Votre gynécologue peut vous y orienter. 

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Experte Santé
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