Test d’apnée du sommeil : le questionnaire d'Epworth pour mesurer sa somnolence en journée
Développée par des médecins dans les années 1990, l'échelle d'Epworth est aujourd'hui la méthode la plus utilisée pour évaluer la somnolence diurne, qui est l'un des principaux symptômes de l'apnée du sommeil.
Le questionnaire porte sur 8 situations de la vie courante (lire assis, regarder la télévision, être passager d'une voiture…) : dans chacune d’entre elles, vous devez estimer votre tendance à vous assoupir sur une échelle de 0 à 3.
Le score final, compris entre 0 et 24, reflète votre propension générale à la somnolence pendant la journée :
entre 10 et 14 : votre somnolence diurne est excessive et des examens médicaux sont recommandés d’autant plus si votre fatigue s’accompagne d’autres symptômes de troubles du sommeil (ronflements, micro-réveils répétés, maux de tête, irritabilité…) ;
au-delà de 15, une recherche de la cause de cette somnolence est impérative, même sans autre symptôme ou facteur de risque identifiés.
Ce test très rapide dure moins de cinq minutes, et est disponible gratuitement en ligne sur plusieurs sites spécialisés (1). Il peut être réalisé seul, avec un proche, ou auprès d’un professionnel de santé.
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Le questionnaire de Berlin, pour auto-évaluer les risques d’apnée dans leur globalité
Le questionnaire de Berlin (2) a été élaboré dans le cadre d’une conférence médicale en 1996. Il comprend 10 questions, réparties en 3 catégories :
ronflement et apnées observées ;
somnolence diurne et fatigue ;
indice de masse corporelle (IMC) et tension artérielle.
Un score positif dans au moins 2 catégories sur 3 indique un risque élevé de syndrome d'apnées du sommeil.
Cet outil est notamment utilisé par les médecins pour orienter leurs patients vers des examens complémentaires : examen ORL, consultation neurologique, bilan du sommeil, polygraphie ou encore polysomnographie. Car s’il permet d’alerter sur des problèmes potentiels, il ne suffit pas pour identifier leur source ni pour en déterminer la gravité. Seuls des examens objectifs permettent de poser un diagnostic et d’engager un traitement.
Les autres innovations en matière de test d’apnée du sommeil
PLATO : un questionnaire clinique de nouvelle génération
L'académie américaine de médecine du sommeil (AASM) a récemment lancé PLATO (3), un nouvel outil d'évaluation validé par des experts du sommeil, conçu pour être utilisé par les médecins.
Sa particularité : il ne se contente pas de dépister le risque d’apnée, mais permet aussi de suivre l'évolution des symptômes dans le temps ainsi que l'efficacité du traitement. Actuellement disponible en anglais, sa version française n’est pas encore diffusée pour l’instant, mais devrait l’être prochainement.
Les applications mobiles pour mesurer l’apnée du sommeil : des outils à utiliser avec discernement
Une nouvelle génération d'applications mobiles se développe en effet depuis plusieurs années, promettant d'analyser le rythme et la qualité respiratoire pendant le sommeil à partir du microphone ou des capteurs du smartphone : certaines applis supposent tout simplement de maintenir le smartphone sur le torse pendant une nuit, d’autres fonctionnent via un capteur de mouvement fixé au menton et connecté au smartphone.
Ces outils permettent de simplifier le protocole assez contraignant de la polygraphie traditionnelle. Mais plusieurs précautions s'imposent. Toutes ne sont pas encore certifiées comme dispositifs médicaux (marquage CE médical) : certains produits non homologués relèvent davantage du gadget que de l'outil médical. De plus, même certifiées, ces applications de diagnostic ne sont pas (encore) remboursées par l'Assurance maladie, et leur prix peut être assez élevé. Consultez donc toujours votre médecin pour qu’il vous aiguille et vous recommande les solutions les plus appropriées.
Dans tous les cas, la consultation médicale reste indispensable !
L’objectif principal de ces outils d'auto-évaluation d’apnée ? Inciter à consulter. En effet, ils ne remplacent en aucun cas un diagnostic médical. L'apnée du sommeil se confirme uniquement par une polygraphie ventilatoire (réalisable à domicile) ou une polysomnographie en centre spécialisé, qui mesurent objectivement le nombre et la durée des apnées par heure de sommeil.
Autre point de vigilance : un score faible à ces auto-tests ne doit pas être interprété comme une garantie d'absence d'apnée. Si vous présentez des symptômes évocateurs (fatigue persistante au réveil, maux de tête matinaux, réveils nocturnes fréquents, irritabilité, difficultés de concentration…) parlez-en à votre médecin traitant même si vos résultats semblent rassurants. Il vous orientera, si nécessaire, vers un spécialiste du sommeil.
Tests pour savoir si on fait de l’apnée : vos questions, nos réponses
Les auto-tests sont-ils fiables pour détecter l'apnée du sommeil ?
Les auto-tests sont-ils fiables pour détecter l'apnée du sommeil ?
Ils permettent d'estimer un niveau de risque, mais pas de poser un diagnostic. Le questionnaire de Berlin et l'échelle d'Epworth sont des outils validés scientifiquement pour orienter, mais leur sensibilité et leur spécificité restent imparfaites. Un résultat positif justifie une consultation ; un résultat négatif ne l'exclut pas en présence de symptômes.
Peut-on faire ces tests d’apnée sans ordonnance ?
Peut-on faire ces tests d’apnée sans ordonnance ?
Oui, l'échelle d'Epworth et le questionnaire de Berlin sont accessibles gratuitement en ligne. Et les applications mobiles existantes sont généralement accessibles sans prescription. Mais elles ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale pour l’instant.
L'apnée du sommeil concerne-t-elle uniquement les personnes en surpoids ?
L'apnée du sommeil concerne-t-elle uniquement les personnes en surpoids ?
Non. Si le surpoids et l'obésité sont des facteurs de risque reconnus, l'apnée du sommeil peut toucher des personnes minces, des femmes, des enfants et des personnes jeunes. La morphologie du cou et des voies aériennes, ainsi que des facteurs génétiques, jouent également un rôle important.
