Publié par  Charlotte Alter  - Créé le  

Comment savoir si l’on fait de l’apnée du sommeil ? Les tests d’auto-évaluation à votre disposition 

Ronflements, fatigue au réveil malgré une nuit complète, pauses respiratoires repérées par votre partenaire…  Autant de signes évocateurs d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) : une pathologie très courante, et pourtant encore largement sous-diagnostiquée. Pour réagir au plus vite, et limiter ses conséquences graves pour la santé, il est vivement recommandé de consulter au plus vite, dès l’apparition des premiers symptômes. Pour vous aider à vous décider, certains outils et questionnaires permettent de réaliser vous-même une pré-estimation de votre niveau de risque. Tour d'horizon des tests disponibles, de leur fiabilité mais aussi de leurs limites.

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En résumé

  • L'échelle de somnolence d'Epworth et le questionnaire de Berlin sont deux tests d'auto-évaluation médicalement validés, les plus utilisés pour estimer le risque d'apnée du sommeil.

  • De nouveaux outils  se développent : questionnaire PLATO récemment lancé par les experts américains du sommeil, et applications mobiles à utiliser avec discernement.

  • Ces tests sont utiles pour orienter, mais pas pour diagnostiquer : seul un médecin peut poser un diagnostic, notamment via une polygraphie ventilatoire ou une polysomnographie.

  • Un résultat négatif à ces auto-tests ne doit pas rassurer définitivement : en présence de symptômes évocateurs, la consultation médicale reste indispensable.

Test d’apnée du sommeil : le questionnaire d'Epworth pour mesurer sa somnolence en journée

Développée par des médecins dans les années 1990, l'échelle d'Epworth est aujourd'hui la méthode la plus utilisée pour évaluer la somnolence diurne, qui est l'un des principaux symptômes de l'apnée du sommeil.

Le questionnaire porte sur 8 situations de la vie courante (lire assis, regarder la télévision, être passager d'une voiture…) : dans chacune d’entre elles, vous devez estimer votre tendance à vous assoupir sur une échelle de 0 à 3. 

Le score final, compris entre 0 et 24, reflète votre propension générale à la somnolence pendant la journée : 

  • entre 10 et 14 : votre somnolence diurne est excessive et des examens médicaux sont recommandés d’autant plus si votre fatigue s’accompagne d’autres symptômes de troubles du sommeil (ronflements, micro-réveils répétés, maux de tête, irritabilité…) ;

  • au-delà de 15, une recherche de la cause de cette somnolence est impérative, même sans autre symptôme ou facteur de risque identifiés.

Ce test très rapide dure moins de cinq minutes, et est disponible gratuitement en ligne sur plusieurs sites spécialisés (1). Il peut être réalisé seul, avec un proche, ou auprès d’un professionnel de santé. 

Conseil APRIL

L'échelle d'Epworth ne fait qu’évaluer la somnolence subjective, c’est-à-dire  telle qu'elle est perçue par chacun. Que son résultat soit positif ou négatif, ce test ne doit donc pas être considéré comme un dépistage objectif de l'apnée du sommeil, et doit être complété par d’autres moyens de diagnostic.

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Le questionnaire de Berlin, pour auto-évaluer les risques d’apnée dans leur globalité 

Le questionnaire de Berlin (2) a été élaboré dans le cadre d’une conférence médicale en 1996. Il comprend 10 questions, réparties en 3 catégories : 

  • ronflement et apnées observées ; 

  • somnolence diurne et fatigue ; 

  • indice de masse corporelle (IMC) et tension artérielle. 

Un score positif dans au moins 2 catégories sur 3 indique un risque élevé de syndrome d'apnées du sommeil.

Cet outil est notamment utilisé par les médecins pour orienter leurs patients vers des examens complémentaires : examen ORL, consultation neurologique, bilan du sommeil, polygraphie ou encore polysomnographie.  Car s’il permet d’alerter sur des problèmes potentiels, il ne suffit pas pour identifier leur source ni pour en déterminer la gravité. Seuls des examens objectifs permettent de poser un diagnostic et d’engager un traitement.

Conseil APRIL

Pour remplir le questionnaire de Berlin, l’aide d'un “partenaire de sommeil” (conjoint ou autre personne susceptible d’entendre votre respiration la nuit) peut être utile, notamment pour répondre aux questions relatives au ronflement ou aux pauses respiratoires. Si vous dormez seul, répondez en vous appuyant sur vos propres observations (ressenti et enregistrements audio de certaines de vos nuits). En cas de doute, consultez toujours votre médecin. 

Les autres innovations en matière de test d’apnée du sommeil

PLATO : un questionnaire clinique de nouvelle génération

L'académie américaine de médecine du sommeil (AASM) a récemment lancé PLATO (3), un nouvel outil d'évaluation validé par des experts du sommeil, conçu pour être utilisé par les médecins. 

Sa particularité : il ne se contente pas de dépister le risque d’apnée, mais permet aussi de suivre l'évolution des symptômes dans le temps ainsi que l'efficacité du traitement. Actuellement disponible en anglais, sa version française n’est pas encore diffusée pour l’instant, mais devrait l’être prochainement. 

J’ai entendu parler d’une nouvelle appli mobile qui permet d’enregistrer et d’analyser son sommeil pendant toute une nuit, et qui détecte toute seule les apnées du sommeil. Est-ce que c’est vraiment fiable ? Certaines de ces applis sont payantes : est-ce qu’elles sont remboursées par la Sécu ou la mutuelle ?

Les applications mobiles pour mesurer l’apnée du sommeil : des outils à utiliser avec discernement

Une nouvelle génération d'applications mobiles se développe en effet depuis plusieurs années, promettant d'analyser le rythme et la qualité respiratoire pendant le sommeil à partir du microphone ou des capteurs du smartphone : certaines applis supposent tout simplement de maintenir le smartphone sur le torse pendant une nuit, d’autres fonctionnent via un capteur de mouvement fixé au menton et connecté au smartphone. 

Ces outils permettent de simplifier le protocole assez contraignant de la polygraphie traditionnelle. Mais plusieurs précautions s'imposent. Toutes ne sont pas encore certifiées comme dispositifs médicaux (marquage CE médical) : certains produits non homologués relèvent davantage du gadget que de l'outil médical. De plus, même certifiées, ces applications de diagnostic ne sont pas (encore) remboursées par l'Assurance maladie, et leur prix peut être assez élevé. Consultez donc toujours votre médecin pour qu’il vous aiguille et vous recommande les solutions les plus appropriées. 

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Le + APRIL

Consultations médicales généralistes ou spécialistes, examens à domicile ou à l'hôpital, appareillage PPC ou gouttière mandibulaire… Pour une prise en charge complète de votre syndrome d’apnée de sommeil, adaptez judicieusement vos garanties santé : une cotisation légèrement plus élevée peut vous permettre d’éviter des restes à charge parfois très lourds pour le budget ! 

Nos différentes formules de complémentaires santé APRIL vous offrent justement la possibilité de choisir parmi plusieurs niveaux de garanties, pour ajuster précisément votre taux de remboursement à vos préférences, et couvrir de façon optimale vos dépassements d’honoraires, chez le médecin comme à l'hôpital. 

Dans tous les cas, la consultation médicale reste indispensable

L’objectif principal de ces outils d'auto-évaluation d’apnée ?  Inciter à consulter. En effet, ils ne remplacent en aucun cas un diagnostic médical. L'apnée du sommeil se confirme uniquement par une polygraphie ventilatoire (réalisable à domicile) ou une polysomnographie en centre spécialisé, qui mesurent objectivement le nombre et la durée des apnées par heure de sommeil.

Autre point de vigilance : un score faible à ces auto-tests ne doit pas être interprété comme une garantie d'absence d'apnée. Si vous présentez des symptômes évocateurs (fatigue persistante au réveil, maux de tête matinaux, réveils nocturnes fréquents, irritabilité, difficultés de concentration…) parlez-en à votre médecin traitant même si vos résultats semblent rassurants. Il vous orientera, si nécessaire, vers un spécialiste du sommeil.

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Test d'apnée du sommeil : à retenir

  • Les auto-tests permettent surtout d’identifier un risque d’apnée du sommeil, pas de confirmer un diagnostic.

  • Une somnolence importante dans la journée n’est jamais anodine, surtout si elle s’accompagne de ronflements ou de réveils nocturnes fréquents.

  • L’échelle d’Epworth mesure votre niveau de somnolence, tandis que le questionnaire de Berlin évalue plusieurs facteurs de risque complémentaires.

  • Les réponses d’un proche peuvent être précieuses pour repérer des pauses respiratoires ou des ronflements dont vous n’avez pas conscience.

  • Les applications mobiles de suivi du sommeil peuvent aider à repérer certains signaux, mais leur fiabilité reste très variable selon les outils utilisés.

  • La polygraphie ventilatoire et la polysomnographie sont les seuls examens capables de confirmer une apnée du sommeil.

  • L’apnée du sommeil concerne tout le monde

  • Un diagnostic précoce permet de réduire les risques de complications cardiovasculaires, de fatigue chronique ou d’accidents liés à la somnolence.

Tests pour savoir si on fait de l’apnée : vos questions, nos réponses

Les auto-tests sont-ils fiables pour détecter l'apnée du sommeil ?

Ils permettent d'estimer un niveau de risque, mais pas de poser un diagnostic. Le questionnaire de Berlin et l'échelle d'Epworth sont des outils validés scientifiquement pour orienter, mais leur sensibilité et leur spécificité restent imparfaites. Un résultat positif justifie une consultation ; un résultat négatif ne l'exclut pas en présence de symptômes.

Peut-on faire ces tests d’apnée sans ordonnance ?

Oui, l'échelle d'Epworth et le questionnaire de Berlin sont accessibles gratuitement en ligne. Et les applications mobiles existantes sont généralement accessibles sans prescription. Mais elles ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale pour l’instant. 

L'apnée du sommeil concerne-t-elle uniquement les personnes en surpoids ?

Non. Si le surpoids et l'obésité sont des facteurs de risque reconnus, l'apnée du sommeil peut toucher des personnes minces, des femmes, des enfants et des personnes jeunes. La morphologie du cou et des voies aériennes, ainsi que des facteurs génétiques, jouent également un rôle important.

Experte Santé et Emprunteur
Rendre simple ce qui semble compliqué.
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