À 72 ans, Brigitte partage désormais son quotidien avec Léa, 24 ans. « Quand j'ai annoncé ça à mes amies, elles m'ont regardée avec des yeux ronds ! » raconte-t-elle en souriant. « Elles me disaient : tu es sûre ? À ton âge, tu vas supporter le bruit, les copains qui débarquent, la musique ? » Mais Brigitte avait pesé le pour et le contre.
Tout a commencé il y a un an, quand Léa cherchait un appartement à Paris. « Les loyers sont délirants, elle ne trouvait rien dans son budget » explique Brigitte. « De mon côté, j'avais un trois-pièces trop grand pour moi depuis le départ de mon mari. La maison me paraissait vide, silencieuse... » Un soir, autour d'un dîner de famille, l'idée a germé. « Ma fille a lancé en plaisantant : et si Léa venait habiter chez toi ? On a ri, et puis on s'est dit... Pourquoi pas ? »
Les règles ? Chacune son espace, chacune sa vie. « Léa a sa chambre, sa salle de bain. Elle paie une participation aux charges, beaucoup moins qu'un loyer bien sûr, mais c'était important pour elle de contribuer » détaille Brigitte. « On partage la cuisine et le salon. Pour le reste, on fait comme on veut. » Pas question de jouer à la mère de substitution. « Je ne suis pas là pour lui dire de ranger sa chambre ou de rentrer avant minuit ! » insiste Brigitte. « Elle a 24 ans, elle est adulte. On est colocataires, pas grand-mère et petite-fille H24. »
Les premiers mois ont été une période d'ajustement. « Les horaires, d'abord » se souvient Léa. « Mamie se lève à 7h, moi plutôt à 9h. Au début, j'entendais tout ! Mais on s'est organisées : elle fait attention le matin, et moi je mets un casque le soir quand je regarde des séries. » Mais très vite, la magie de la colocation intergénérationnelle a opéré. « Le soir, on se retrouve souvent dans le salon pour papoter » raconte Léa. « Mamie me raconte des histoires de famille que je ne connaissais pas, je lui parle de mon travail, de mes amis... C'est vraiment précieux. »
Les avantages sont multiples. Pour Léa, c'est évidemment financier. « J'économise 600 euros par mois par rapport à un studio. Ça me permet de mettre de l'argent de côté, de sortir, de vivre ! » Pour Brigitte, c'est surtout la présence. « Je ne me sens plus seule. La maison revit ! Et puis, je sais que si un jour j'ai un problème de santé, Léa est là. Ça rassure mes enfants aussi. »
Les petites bulles APRIL


























