À 70 ans, Marie a appris à décoder les comportements de son petit-fils Théo, 8 ans, diagnostiqué TDAH. « Au début, je ne comprenais rien » avoue-t-elle. « Pourquoi il ne tenait pas en place ? Pourquoi il oubliait tout ? Je me disais : de mon temps, on appelait ça un enfant turbulent, et ça passait tout seul ! » Mais quand sa fille lui a expliqué le diagnostic, Marie a voulu comprendre. « J'ai lu des articles, regardé des vidéos sur Internet. J'ai réalisé que Théo ne faisait pas exprès. Son cerveau fonctionne différemment, c'est tout. » Cette prise de conscience a tout changé.
Désormais, quand Théo vient le mercredi, Marie a ses petites techniques. « Je découpe tout en petites étapes. Par exemple, pour ranger sa chambre, je ne dis pas "range ta chambre", je dis "d'abord, ramasse les Lego. Quand c'est fait, on range les livres" » explique-t-elle. « Ça l'aide à ne pas se sentir débordé. » Pour les devoirs, elle a trouvé la parade. « On fait des pauses toutes les 15 minutes. Cinq minutes pour bouger, sauter, faire le poirier si ça lui chante ! » raconte Marie. « Au début, je trouvais ça bizarre. Mais ça marche : il se reconcentre mieux après. » Elle a aussi aménagé un coin calme dans sa maison. « Un petit bureau face au mur, sans distraction. Juste une lampe, ses affaires, et c'est tout. Quand il a besoin de se poser, il y va. »
Marie a aussi appris à valoriser ses réussites. « Avant, je remarquais surtout ce qui n'allait pas. Maintenant, je célèbre chaque petite victoire : "Bravo, tu as fini ton exercice !", "Tu as pensé à ranger ton cartable, c'est super !" » sourit-elle. « Je vois qu'il gagne en confiance. » Le plus difficile ? Gérer le regard des autres. « Au parc, quand Théo court partout, j'entends des remarques : "Il est mal élevé", "Sa grand-mère ne sait pas le tenir"... » confie Marie. « Avant, ça me blessait. Maintenant, j'explique calmement que Théo a un trouble de l'attention. Certains comprennent, d'autres pas. Mais je ne me justifie plus. »
Les petites bulles APRIL


























