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Cette femme raconte qu'elle ne voulait pas devenir grand-mère


À 62 ans, Isabelle a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : elle ne voulait pas devenir grand-mère. « Quand ma fille m'a annoncé sa grossesse, tout le monde attendait que je saute de joie » raconte-t-elle. « Mais moi, j'ai juste senti un poids sur les épaules. Et la culpabilité immédiate de ne pas être heureuse. »

Isabelle venait tout juste de prendre sa retraite. « J'avais enfin du temps pour moi ! Des projets de voyage, des cours de peinture, une liberté retrouvée après 40 ans à courir entre le boulot et les enfants » explique-t-elle. « L'idée de recommencer avec un bébé, les couches, les nuits blanches en visite... Non, je n'en avais pas envie. » Le problème ? Impossible d'en parler. « Dans notre société, une grand-mère qui n'est pas aux anges, c'est un monstre » confie Isabelle. « Mes amies me disaient : "Tu verras, c'est différent avec les petits-enfants !", "C'est le plus beau cadeau de la vie !"... Moi, je me sentais juste étouffée par ces injonctions. »

Quand le bébé est né, Isabelle a joué le jeu. « J'allais à la maternité, je faisais mes compliments, j'apportais des cadeaux... Mais je gardais mes distances » avoue-t-elle. « Ma fille me demandait de garder Léo tous les mercredis. J'ai dit non. Ça a créé des tensions énormes. Elle ne comprenait pas, elle se sentait abandonnée. » Le tournant est venu lors d'une dispute. « Ma fille m'a dit : "Maman, je ne te demande pas de m'élever mon fils, juste d'être présente !" Ça m'a fait réfléchir » raconte Isabelle. « J'ai réalisé que j'avais confondu deux choses : ne pas VOULOIR être grand-mère à plein temps, et ne pas AIMER mon petit-fils. »

Isabelle a alors posé ses limites clairement. « J'ai expliqué à ma fille que je l'aimais, que j'aimais Léo, mais que je ne voulais pas être la mamie H24 » dit-elle. « Je peux garder Léo une fois par mois, pas toutes les semaines. Je viens aux anniversaires, aux moments importants. Mais je garde du temps pour moi. Et ce n'est pas de l'égoïsme, c'est de l'honnêteté. »

Aujourd'hui, Léo a 5 ans. « Je le vois moins que d'autres grands-parents, mais nos moments ensemble sont vrais, sincères » explique Isabelle. « Je ne le garde pas par obligation mais par envie. Et ça change tout ! On fait des activités qu'on aime tous les deux : des balades, de la peinture, des goûters tranquilles. Pas de stress, pas de ras-le-bol. » Isabelle assume désormais son choix. « Je ne suis pas une mauvaise grand-mère. Je suis une grand-mère différente, avec mes limites, et c'est ok » affirme-t-elle. « Certaines femmes s'épanouissent dans ce rôle, d'autres moins. Les deux sont légitimes. »

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Son secret de grand-mère

« On a le droit de ne pas correspondre au modèle de la mamie-gâteau disponible 24/7. Vous avez donné pendant des années, vous avez le droit de vivre pour vous maintenant. Ça ne fait pas de vous une mauvaise personne, juste une personne honnête. »

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La petite astuce APRIL

Si vous ressentez cette pression, parlez-en ! Trouvez un thérapeute, un groupe de parole, ou même une amie de confiance. Poser des mots sur ce que vous ressentez libère. Et fixez vos limites tôt, avec bienveillance mais fermeté.

Les petites bulles APRIL