À 66 ans, elle a quitté son appartement pour vivre dans une tiny house

L'idée lui était venue un soir en regardant une émission sur Arte. « J'ai vu cette femme, 58 ans, qui vivait dans 18 mètres carrés au milieu d'une forêt, et elle rayonnait » se souvient Michèle. « Je me suis dit : elle a quelque chose que je n'ai pas. » À l'époque, Michèle habitait un appartement de 90 mètres carrés à Nantes, seule depuis six ans, depuis que ses deux enfants avaient quitté le nid et que son mari était parti. « Je passais mon temps à nettoyer des pièces que je n'utilisais jamais. À entretenir une vie qui ne ressemblait plus vraiment à la mienne. »
Elle a mis deux ans à franchir le pas. Deux ans à regarder des vidéos, à visiter des tiny houses lors de salons, à faire et défaire ses calculs. « Mon fils pensait que c'était une crise » dit-elle avec un sourire. « Ma fille était plus ouverte, mais elle s'inquiétait pour le confort, pour l'hiver, pour ce que les voisins allaient penser. » Ce qui a finalement décidé Michèle, c'est une visite chez une femme de 71 ans qui vivait dans une tiny house depuis quatre ans dans le Lot-et-Garonne. « Elle m'a fait visiter en vingt minutes. Et pendant ces vingt minutes, j'ai compris que chaque objet chez elle avait une raison d'être. Il n'y avait rien de superflu. Rien qui pesait. J'ai voulu ça. »
La vente de l'appartement a pris six mois. Le désencombrement, beaucoup plus longtemps. « C'est ça, le vrai travail » confie Michèle. « Pas les mètres carrés. Ce qu'on garde, ce qu'on lâche. J'ai donné des meubles à mes enfants, vendu des dizaines de choses, jeté ce que personne ne voulait. Et à chaque objet posé dans le carton, j'avais ce sentiment étrange d'être plus légère. » Sa tiny house de 24 mètres carrés est posée sur un terrain loué en Vendée, à vingt minutes de l'océan. Elle l'a fait construire sur mesure, avec une mezzanine pour dormir, une grande baie vitrée côté sud, et un petit poêle à bois qu'elle appelle « le cœur de la maison ».L'hiver, tout le monde lui avait prédit qu'elle craquerait. Elle n'a pas craqué. « Le poêle monte en température en moins d'une heure. Je suis mieux ici en janvier que je ne l'étais dans mon appartement mal isolé de Nantes » dit-elle.
Ce qu'elle n'avait pas prévu, en revanche : la communauté. « Il y a cinq autres tiny houses sur ce terrain. On ne vit pas ensemble, mais on se croise, on s'entraide, on dîne ensemble parfois. J'ai des voisins qui ont 35 ans, d'autres qui en ont 60. C'est une mixité que je n'avais pas connue depuis longtemps. » Sa fille est venue passer un week-end en septembre. Elle est repartie en disant qu'elle comprenait enfin.
Son secret de retraitée
« Avant de vous décider, passez une nuit dans une tiny house en location. Juste une nuit. Le matin au réveil, vous saurez si c'est fait pour vous ou pas. Et si vous ressentez ce que j'ai ressenti, cette paix, cette clarté, n'attendez pas deux ans comme moi. »
La petite astuce APRIL
Avant de vendre votre logement, renseignez-vous sur les options de location de terrain pour tiny house dans votre région. Certaines communes ont des règles spécifiques sur le stationnement longue durée.
Les petites bulles APRIL

























