Pendant cinquante ans, Jacqueline a fait la guerre à son corps. Régimes, privations, pesées hebdomadaires, culpabilité au moindre écart. « J'ai commencé mon premier régime à 19 ans » dit-elle calmement. « J'avais lu dans un magazine que je devais peser 52 kilos. Je ne les ai jamais pesés. Et j'ai passé cinquante ans à croire que c'était ma faute. »
À 70 ans, après une chute dans l'escalier qui l'a immobilisée trois semaines, quelque chose a changé. « Allongée sur ce canapé, incapable de faire quoi que ce soit, j'ai regardé mes jambes différemment » raconte-t-elle. « Ces jambes qui m'avaient portée pendant soixante-dix ans. Qui avaient marché des milliers de kilomètres, porté mes deux grossesses, dansé à mon mariage. Et moi je leur en voulais d'être trop grosses. » C'est là que la pensée est venue, simple et brutale : « J'ai gâché combien d'années à détester quelque chose qui faisait tout pour moi ? »
La bascule n'a pas été immédiate. « On ne se réconcilie pas avec son corps en une semaine » prévient Jacqueline. Elle a commencé par de petites choses. Manger quand elle avait faim, vraiment faim, et s'arrêter quand c'était suffisant. Sortir marcher non pas pour brûler des calories, mais parce que l'air frais lui faisait du bien. Acheter des vêtements à sa taille, sa vraie taille, au lieu d'une taille en dessous « pour se motiver ». « Ce dernier truc, ça a l'air anodin. Ça ne l'est pas. Porter des vêtements qui vous vont, qui ne serrent pas, qui vous laissent respirer... ça change comment on se voit dans la glace. »
Sa fille a remarqué le changement avant elle. « Elle m'a dit : maman, tu sembles apaisée. Pas différente physiquement, apaisée. » Jacqueline a aussi arrêté de se peser. « La balance était dans la salle de bain depuis quarante ans. Je l'ai donnée à ma voisine. » Ce qui l'a le plus surprise : l'énergie retrouvée. « Quand on n'est plus en guerre contre soi-même, on récupère une énergie folle. Je dors mieux, je ris plus facilement, j'ai envie de sortir. Mon médecin m'a demandé ce que j'avais changé dans mon alimentation. Je lui ai dit : rien. J'ai juste arrêté de me punir. »
Son secret de retraitée
« Posez-vous une seule question : est-ce que vous traiteriez quelqu'un que vous aimez comme vous vous traitez vous-même ? Si la réponse est non, c'est par là qu'il faut commencer. »
La petite astuce APRIL
Après 60 ans, une visite annuelle chez votre médecin traitant permet de faire le point sur votre équilibre général. N'hésitez pas à lui parler de votre rapport à votre corps et à votre énergie au quotidien. C'est aussi pour ça qu'il est là.
Les petites bulles APRIL


























