Surdité de perception, quelle prise en charge ?
La surdité de perception est une pathologie due à une mauvaise interprétation du signal sonore par le cerveau. Elle est souvent liée à la vieillesse, mais elle peut aussi être due à un traumatisme ou une maladie. Quelle est la prise en charge de la surdité de perception ? Comment diagnostiquer ce problème d’audition ? Est-ce qu’il existe un traitement ? Les aides auditives sont-elles remboursées par l’Assurance maladie et la complémentaire santé ? Pour tout savoir sur la surdité de perception, consultez notre article.
En résumé
La surdité de perception est une atteinte de l’oreille interne ou du nerf auditif : les sons sont transmis mais mal interprétés par le cerveau.
Elle est le plus souvent liée au vieillissement (presbyacousie), mais peut aussi être causée par le bruit, des traumatismes, certains médicaments ototoxiques ou des maladies (ex : Maladie de Ménière).
Les symptômes fréquents : difficultés à comprendre dans le bruit, besoin de faire répéter, augmentation du volume TV/téléphone, acouphènes, confusion de mots.
Le diagnostic repose sur un bilan ORL complet avec audiométrie tonale et vocale, et éventuellement examens complémentaires (IRM, potentiels évoqués…).
La perte auditive est classée en 4 degrés (légère à profonde), avec un impact croissant sur la communication et la vie sociale.
La surdité de perception est irréversible, mais les aides auditives permettent de compenser efficacement la perte.
Grâce à la réforme 100 % santé, certaines aides auditives (Classe 1) peuvent être intégralement remboursées.
Qu’est-ce qu’une surdité de perception ?
La surdité de perception est une déficience auditive qui résulte d’une atteinte au niveau de l’oreille interne, ou d’un dysfonctionnement nerveux. Elle se caractérise par une perte de l’audition et de la compréhension, plus ou moins importante. Bien que les sons soient correctement transmis, ils sont mal interprétés par le cerveau.
Quelle est la cause de ce problème d’audition ?
Dans la majorité des cas, la surdité de perception est due au vieillissement. On parle de presbyacousie, une baisse de la capacité auditive liée à l’âge. Les cellules ciliées de la cochlée disparaissent et elles ne se régénèrent pas.
Ce problème d’audition peut aussi provenir d’une exposition chronique au bruit (dans un milieu professionnel trop bruyant par exemple), de traumatismes sonores, de prise de médicaments ototoxiques ou de maladies (telle que la maladie de Ménière).
Quels sont les symptômes de cette surdité ?
Les principaux symptômes d’une surdité de perception sont :
Des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant ;
Des bourdonnements, tintements ou sifflements d’oreille (acouphènes) ;
Une augmentation du volume de la télévision ou du téléphone ;
Des difficultés à entendre les sons aigus ;
Des mots confondus avec d’autres.
A noter : En règle générale, la surdité de perception se développe lentement et progressivement. Les personnes touchées ne se rendent pas toujours compte que leur audition s’est aggravée. Les voix sont de plus en plus difficiles à entendre et à comprendre, ainsi que les sons trop aigus comme le chant des oiseaux.
Quels sont les différents degrés de surdité de perception et leurs conséquences sur la vie quotidienne ?
Degré de surdité de perception | Perte auditive moyenne (dB) | Impact sur la vie quotidienne | Adaptations possibles |
|---|---|---|---|
Légère | 20 à 40 dB | Difficultés à comprendre certaines conversations à plusieurs, surtout en milieu bruyant, et à percevoir les sons aigus (voix d’enfant, sonnerie discrète). Fatigue liée à l’effort de concentration. | Adopter des stratégies de communication (se placer face à l’interlocuteur, réduire le bruit de fond), envisager un appareillage léger et un suivi ORL régulier. |
Modérée | 40 à 70 dB | Besoin de faire répéter fréquemment, volume de la télévision ou du téléphone plus élevé, gêne notable au travail ou lors des échanges téléphoniques. Risque d’isolement social si la gêne n’est pas prise en charge. | Port régulier d’aides auditives, aménagements au travail (salles de réunion adaptées, outils de visio avec sous-titrage), information de l’entourage pour faciliter les échanges. |
Sévère | 70 à 90 dB | Compréhension très limitée de la parole sans appareillage, même en face à face. Communication devenant difficile dans la plupart des situations du quotidien (courses, démarches administratives, rendez-vous médicaux). | Prothèses auditives puissantes ou solutions implantables selon l’avis médical, recours à la lecture labiale, à l’écrit ou aux applications de transcription, accompagnement par un réseau de soin pour sécuriser les parcours de santé. |
Profonde | > 90 dB | Perception très limitée des sons, parfois seulement des vibrations. Communication orale classique quasi impossible sans dispositifs spécialisés, avec un impact fort sur l’autonomie et la vie professionnelle. | Implants cochléaires ou dispositifs spécifiques, apprentissage de la langue des signes ou de modes de communication alternatifs, aides techniques (systèmes lumineux, vibreurs pour sonneries) et accompagnement social renforcé. |
À chaque degré de surdité de perception, l’enjeu est d’agir précocement : un suivi ORL, un appareillage auditif adapté et une complémentaire santé couvrant les bilans et les aides auditives permettent de limiter l’impact sur la vie quotidienne et de préserver au mieux l’autonomie et la vie sociale.
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Le diagnostic de la surdité de perception
Vous avez remarqué une baisse de votre acuité auditive ? Il est indispensable de consulter un oto-rhino-laryngologiste (ORL), via votre médecin traitant, pour réaliser un bilan auditif qui permettra de diagnostiquer la surdité de perception.
Il existe plusieurs examens qui permettent de poser un diagnostic, mais le plus classique est l’audiométrie tonale et vocale. Ce dernier permet de mesurer les capacités d’audition et identifier le type de surdité.
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La prise en charge : Un audiogramme réalisé chez un médecin ORL coûte environ 100€ et il est remboursé à 70% (base de remboursement) par la Sécurité sociale. APRIL propose des complémentaires santé adaptées à votre profil et à vos besoins. Ainsi, vous évitez le plus possible le reste à charge.
Comment se fait le diagnostic de la surdité de perception et quels examens réalise l’ORL ?
Pour établir le diagnostic d’une surdité de perception, l’ORL suit plusieurs étapes successives.
Il commence par un interrogatoire médical détaillé (antécédents familiaux, exposition au bruit, prise de médicaments, apparition des symptômes),
Ensuite, il réalise un examen clinique de l’oreille à l’aide d’un otoscope pour vérifier qu’il n’existe pas de cause mécanique (bouchon de cérumen, otite, perforation du tympan).
Viennent ensuite les examens audiométriques : l’audiométrie tonale mesure les seuils d’audition à différentes fréquences, tandis que l’audiométrie vocale évalue la compréhension de la parole, ce qui permet de distinguer surdité de perception et surdité de transmission.
Selon le contexte, l’ORL peut compléter le bilan par des tests impédancemétriques (mesure de la mobilité du tympan), des potentiels évoqués auditifs (étude de la conduction nerveuse jusqu’au cerveau) ou une imagerie médicale (IRM, scanner) pour rechercher une cause précise (lésion de l’oreille interne, neurinome, maladie de Ménière…).
Ce diagnostic complet oriente ensuite la prise en charge et permet d’anticiper les besoins en appareillage auditif, dont le coût pourra être en partie pris en charge par l’Assurance maladie et une complémentaire santé adaptée.
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J’obtiens mon devis détaillé en quelques clicsQuelles sont les facteurs de risque à connaître, sur la surdité de perception ?
Plusieurs facteurs de risque peuvent favoriser la survenue d’une surdité de perception :
Le plus fréquent est le vieillissement naturel de l’oreille (presbyacousie), qui touche progressivement les cellules ciliées de la cochlée.
Une exposition répétée ou prolongée au bruit (environnement professionnel bruyant, concerts, écoute prolongée au casque à fort volume) fragilise également l’oreille interne.
Certains médicaments ototoxiques (chimiothérapies, antibiotiques spécifiques, diurétiques puissants…) peuvent endommager l’audition, tout comme certaines maladies métaboliques ou cardiovasculaires (diabète, hypertension, hypercholestérolémie) qui altèrent la microcirculation de l’oreille interne.
S’y ajoutent parfois des antécédents familiaux de surdité ou des infections ORL sévères dans l’enfance.
Conseil APRIL
Identifier ces facteurs permet d’adapter ses habitudes de vie, de se faire suivre régulièrement et, le cas échéant, de prévoir une couverture santé adaptée pour la prise en charge des bilans et des aides auditives.
Quel traitement pour la surdité de perception ?
La surdité de perception est irréversible, elle ne peut pas être soignée et les personnes qui en souffrent ne retrouveront jamais leur audition naturelle. Cependant, il est possible de compenser le déficit auditif grâce au port d’aides auditives qui améliorent l’audition.
Les prothèses auditives
Les prothèses auditives permettent de corriger efficacement la perte d’audition. Leurs technologies assurent une meilleure compréhension de la parole, même dans un milieu bruyant.
Pour aller plus loin :
Découvrez dans l’un de nos articles quelques conseils pour bien choisir son appareillage auditif
Zoom sur les appareils auditifs pour les enfants
Nos conseils pour entretenir sa prothèse auditive
Un remboursement intégral avec la réforme 100% santé
La réforme 100% santé (appelée aussi « reste à charge zéro ») sur les appareils auditifs permet de proposer des aides auditives prises en charge à 100% par la Sécurité sociale et les complémentaires santé.
Les appareils choisis par l’assuré doivent faire partie des aides auditives dites « de Classe 1 ».
Pour les appareils de Classe 2, la Sécurité sociale ne rembourse que 60% du tarif de base (fixé à 400€ par oreille pour une personne de plus de 20 ans). Sachant que le coût moyen d’un appareil coûte en moyenne 1500€ par oreille, le reste à charge peut s’avérer élevé. Dans ce cas, un complémentaire santé peut être utile pour compléter les remboursements, selon les garanties que vous avez souscrites. Renseignez-vous !
La prévention : protéger son audition au quotidien
Pour limiter le risque de surdité de perception et préserver son audition à tout âge, une vigilance quotidienne est essentielle, notamment lorsque l’on est souvent exposé au bruit, que ce soit dans le cadre professionnel, lors des loisirs ou via l’écoute de musique au casque. En adoptant quelques réflexes simples et en s’appuyant, si besoin, sur une complémentaire santé qui prend en charge les bilans ORL et les aides auditives, il est possible de réduire significativement le risque de dégradation irréversible de l’oreille interne.
Limiter le volume sonore : garder le son des écouteurs ou du casque en dessous de 60 % du volume maximal et éviter d’augmenter le volume pour couvrir les bruits ambiants (transports, open space…).
Réduire la durée d’exposition : faire des pauses auditives régulières (10 minutes toutes les heures) en cas d’écoute prolongée de musique ou de travail dans un environnement bruyant.
Porter des protections auditives adaptées : utiliser des bouchons d’oreilles ou des casques anti-bruit lors de concerts, de pratiques musicales, de bricolage ou sur un poste de travail bruyant.
Protéger l’audition des enfants : surveiller le volume des jeux, tablettes et télévisions, éviter les jouets trop bruyants et équiper les enfants de casques ou bouchons lors d’événements très sonores.
Surveiller sa santé générale : contrôler diabète, hypertension, cholestérol et tabac, qui peuvent altérer la microcirculation de l’oreille interne et favoriser une perte auditive.
Être attentif aux médicaments : signaler à son médecin tout antécédent de troubles auditifs avant la prise de traitements potentiellement ototoxiques et respecter strictement les prescriptions.
Consulter dès les premiers signes : difficultés à suivre une conversation, besoin de faire répéter, bourdonnements ou sifflements doivent conduire à un bilan ORL précoce.
Planifier des bilans réguliers : réaliser un contrôle auditif tous les 10 ans avant 50 ans, puis de façon plus rapprochée ensuite, surtout en cas d’exposition au bruit ou d’antécédents familiaux.
Vérifier ses garanties santé : choisir une complémentaire santé qui couvre bien les consultations ORL, les audiogrammes, les appareils auditifs et, le cas échéant, les actes de prévention pour pouvoir se faire suivre sans renoncer pour des raisons de coût.
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J’obtiens mon devis détaillé en quelques clicsSurdité de perception, ce qu'il faut retenir
Plus la prise en charge de la surdité de perception est précoce, plus l’impact sur la vie sociale, professionnelle et cognitive est limité.
Les aides auditives modernes améliorent nettement la compréhension de la parole, même en environnement bruyant.
Le choix entre appareils de Classe 1 (reste à charge zéro) et Classe 2 influence fortement le coût final.
Une complémentaire santé adaptée est essentielle pour limiter le reste à charge (consultations ORL, audiogrammes, appareillage).
La prévention joue un rôle clé : limiter le volume sonore, faire des pauses auditives, porter des protections adaptées.
Les facteurs de risque (bruit, maladies cardiovasculaires, diabète, médicaments ototoxiques, antécédents familiaux) doivent être surveillés.
Des solutions complémentaires facilitent le quotidien : lecture labiale, applications de transcription, dispositifs lumineux ou vibrants.
Un suivi auditif régulier est recommandé : tous les 10 ans avant 50 ans, puis plus fréquemment ensuite.
La surdité de perception : vos questions, nos réponses
Quelles sont les différences entre surdité de perception et surdité de transmission, et comment les distinguer ?
Quelles sont les différences entre surdité de perception et surdité de transmission, et comment les distinguer ?
La surdité de perception touche l’oreille interne ou le nerf auditif : les sons arrivent jusqu’à l’oreille mais sont mal analysés par le cerveau, ce qui altère surtout la compréhension de la parole, même quand le volume est suffisant. À l’inverse, la surdité de transmission est liée à un problème mécanique de l’oreille externe ou moyenne (bouchon de cérumen, otite, perforation du tympan…) qui empêche le son d’atteindre correctement l’oreille interne : on a alors l’impression d’« avoir les oreilles bouchées », mais une fois la cause traitée, l’audition peut être totalement restaurée. Pour les distinguer, l’ORL s’appuie sur l’audiométrie tonale et vocale, l’examen clinique de l’oreille et parfois des tests complémentaires (impédancemétrie, potentiels évoqués), ce qui permet ensuite de proposer la prise en charge adaptée et d’anticiper les besoins d’appareillage, bien remboursés lorsqu’on dispose d’une complémentaire santé performante.
Comment vivre au quotidien avec une surdité de perception et quelles aides existent pour faciliter la communication ?
Comment vivre au quotidien avec une surdité de perception et quelles aides existent pour faciliter la communication ?
Vivre avec une surdité de perception implique souvent d’adapter ses habitudes pour préserver le confort de vie et la vie sociale. Au quotidien, il est utile de privilégier les échanges en face à face, dans des lieux calmes, en demandant à l’entourage de parler clairement et de reformuler plutôt que de répéter plus fort. Les aides auditives jouent un rôle central pour améliorer la compréhension de la parole, tout comme les applications de transcription en temps réel, les téléphones et téléviseurs amplifiés ou sous-titrés, ou encore les systèmes lumineux pour les sonneries. Selon le degré de perte auditive, un accompagnement par un orthophoniste, l’apprentissage de la lecture labiale ou de la langue des signes peuvent également faciliter la communication. Une complémentaire santé bien choisie permet de mieux prendre en charge ces dispositifs et les bilans réguliers, afin de limiter le reste à charge et d’envisager plus sereinement ces aménagements au quotidien.
